(Afriquesplus)- Les ports de Djibouti maintiennent leur activité malgré les turbulences qui affectent la navigation en mer Rouge. Le volume de transbordement a même progressé, porté par le choix de grands navires de décharger leurs marchandises dans les installations portuaires djiboutiennes. C’est ce qu’a indiqué le président de l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti (APZFD), Aboubaker Omar Hadi, lors d’un point de presse organisé le 8 octobre, selon l’Agence djiboutienne d’information (ADI).
Cette évolution s’explique notamment par la réorganisation des itinéraires et des opérations maritimes dans un contexte régional instable. Situé à l’entrée sud de la mer Rouge, Djibouti occupe une position stratégique sur les routes commerciales reliant l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Les perturbations de la navigation conduisent certains opérateurs à adapter leurs opérations et à privilégier des solutions logistiques alternatives.
Pour Aboubaker Omar Hadi, cette hausse de l’activité reste toutefois liée à une situation exceptionnelle que les autorités portuaires ne maîtrisent pas. Djibouti subit les conséquences de la crise régionale sans en être un acteur direct, a-t-il souligné, tout en exprimant l’espoir d’un retour rapide à la normale.
Des coûts d’exploitation en forte hausse
Si le contexte actuel favorise une augmentation du transbordement, il entraîne également des contraintes financières pour les ports djiboutiens. Le responsable de l’APZFD a fait état d’une hausse substantielle des coûts d’exploitation, notamment en raison du renchérissement des carburants utilisés pour la manutention des marchandises et des conteneurs.
Les tensions dans le détroit d’Ormuz contribuent également à alourdir ces charges. Cette situation illustre la vulnérabilité des chaînes logistiques internationales aux crises géopolitiques, qui affectent les coûts de transport, l’approvisionnement énergétique et les opérations portuaires.
La progression du trafic ne se traduit donc pas nécessairement par une amélioration équivalente de la rentabilité. L’évolution des dépenses énergétiques et des autres charges opérationnelles pèsera sur les résultats du secteur si les perturbations maritimes se prolongent.
Djibouti mise sur son rôle de plateforme commerciale
Au-delà des difficultés immédiates, Djibouti entend consolider sa place dans les échanges internationaux grâce à ses infrastructures portuaires et à ses zones franches. Le pays cherche à tirer parti de sa position géographique pour attirer les opérateurs économiques, développer les services logistiques et renforcer les partenariats commerciaux.
Aboubaker Omar Hadi a également salué la visibilité offerte au pays par les rencontres consacrées à la francophonie, qui contribuent à faire connaître ses atouts auprès de nouveaux partenaires. Il a rappelé que Djibouti entend associer son engagement en faveur de la francophonie à ses ambitions commerciales.
Pour les autorités djiboutiennes, l’enjeu consiste désormais à transformer les opportunités liées à la réorganisation du trafic maritime en avantages durables. La stabilité régionale, la maîtrise des coûts et la capacité à maintenir la compétitivité des infrastructures seront déterminantes pour préserver l’attractivité des ports dans un environnement commercial incertain.