(AfriquesPlus) - Conakry accueille depuis mercredi 14 octobre 2026 la deuxième édition du Forum des Secrétaires généraux de Gouvernement, consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la performance des administrations publiques. La rencontre réunit des responsables de 13 pays autour des possibilités offertes par ces technologies, mais aussi des risques liés à leur utilisation dans la conduite des affaires de l’État.
Dans un article publié le 14 octobre 2026, GuinéeNews, sous la plume d’Amadou Kendessa Diallo, rapporte que la cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah, de membres du gouvernement et de hauts responsables de l’administration guinéenne.
Placée sous le thème « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale », cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité d’un premier forum qui avait posé les bases d’un réseau de coopération entre Secrétaires généraux de Gouvernement. Selon Tamba Benoît Kamano, secrétaire général du Gouvernement guinéen, l’objectif est de favoriser le partage d’expériences tout en tenant compte des spécificités institutionnelles et administratives de chaque pays.
Le réseau s’est notamment élargi à des pays anglophones et lusophones, dont le Ghana, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Rwanda. Haïti participe également aux travaux à distance. Pour les organisateurs, cette diversité doit permettre de confronter plusieurs expériences d’utilisation de l’intelligence artificielle et d’en tirer des enseignements adaptés aux réalités nationales.
Huit ateliers sont prévus au cours du forum. Deux seront consacrés aux chefs de délégation, notamment à la formalisation des travaux et à la gestion responsable de l’IA. Les six autres porteront sur des expériences et des initiatives présentées par la Guinée et les pays participants. Les conclusions doivent alimenter une feuille de route pour la période 2027-2029.
Lors de l’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a souligné les applications possibles de l’intelligence artificielle dans le fonctionnement des administrations. Elle peut notamment faciliter la recherche dans les textes juridiques et les archives, repérer des incohérences, produire des synthèses documentaires et signaler les retards dans le traitement des dossiers. Ces usages pourraient, selon lui, améliorer la préparation des décisions et réduire les délais administratifs.
Le chef du gouvernement a toutefois insisté sur les risques associés à ces outils. Une information erronée peut fragiliser un acte administratif, tandis qu’une donnée sensible mal protégée peut compromettre les intérêts de l’État. Il a également mis en garde contre les biais susceptibles de porter atteinte aux droits des citoyens. Pour lui, la responsabilité de la décision doit rester humaine, même lorsque l’intelligence artificielle contribue à son élaboration.
Amadou Oury Bah a ainsi appelé les administrations à vérifier les sources, contrôler les résultats produits par les systèmes d’IA et pouvoir expliquer les décisions prises. La confidentialité, la sécurité des données et la souveraineté numérique doivent, selon lui, guider le choix et la conception des outils utilisés par les pouvoirs publics.
De son côté, Tamba Benoît Kamano a rappelé que les administrations n’ont pas nécessairement vocation à développer elles-mêmes des solutions d’intelligence artificielle, mais doivent apprendre à les utiliser avec discernement. Il a également souligné les obligations de confidentialité, de loyauté et de responsabilité qui s’imposent aux Secrétaires généraux de Gouvernement, compte tenu de leur rôle dans la préparation des décisions et la production normative.
Les travaux de Conakry doivent ainsi permettre aux participants de préciser les conditions d’une adoption maîtrisée de l’IA dans les administrations publiques. L’enjeu est de tirer parti des gains d’efficacité attendus tout en préservant la fiabilité de l’action gouvernementale, les informations stratégiques et les droits des citoyens.