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Afrique du Sud, la société civile sénégalaise dénonce les violences contre les migrants africains
Face à la recrudescence des violences visant des migrants africains en Afrique du Sud, le Cadre de concertation des acteurs de la société civile sénégalaise appelle les autorités sud-africaines et les institutions africaines à agir rapidement...
 

(SenePlus) - Le Cadre de concertation des acteurs de la société civile sénégalaise a exprimé sa vive préoccupation face à la montée des violences et des discours hostiles visant les ressortissants africains en Afrique du Sud. Dans un communiqué publié le 2 juillet à Dakar, plus d'une vingtaine d'organisations dénoncent une recrudescence de l'afrophobie et exhortent les autorités sud-africaines ainsi que les instances continentales à prendre des mesures urgentes pour protéger les migrants.

Les organisations signataires affirment que, depuis plusieurs semaines, des mobilisations anti-migrants, menées ou soutenues notamment par les mouvements « March and March », « Operation Dudula » et « Progressive Forces », ont contribué à instaurer un climat de peur et d'intimidation. Elles rappellent que ces groupes avaient fixé un ultimatum au 30 juin 2026 aux migrants en situation irrégulière, alimentant une forte tension au sein de nombreuses communautés africaines installées dans le pays. Selon le communiqué, les manifestations organisées à cette échéance, bien que majoritairement pacifiques, ont été marquées par des violences, des pillages et plusieurs arrestations.

Le Cadre de concertation estime que ces mouvements vont bien au-delà de la lutte contre l'immigration irrégulière. Il déplore une rhétorique qui désigne collectivement les ressortissants africains comme responsables des difficultés économiques et sociales que connaît l'Afrique du Sud, notamment le chômage, l'insécurité ou encore la pression sur les services publics. Les organisations considèrent que ce discours favorise les violences, les expulsions de logements, les fermetures forcées de commerces ainsi que les restrictions d'accès aux soins, à l'éducation et aux moyens de subsistance.

Le communiqué fait également état de décès, d'agressions, de destructions de biens et de déplacements massifs de ressortissants africains. Sans avancer de bilan chiffré définitif, les organisations soulignent que des familles sont contraintes d'abandonner leurs lieux de vie, que de nombreux travailleurs perdent leurs revenus et que des communautés entières vivent désormais dans la peur, une situation qu'elles jugent incompatible avec les idéaux du panafricanisme.

Tout en reconnaissant le droit souverain de chaque État à définir et appliquer sa politique migratoire, les organisations rappellent que cette prérogative ne saurait être déléguée à des groupes d'autodéfense ou servir de justification à des actes de stigmatisation collective. Elles insistent sur le fait que l'application des lois migratoires relève exclusivement de l'État de droit et non d'initiatives populaires susceptibles d'encourager les violences ou les discours de haine.

Le Cadre de concertation prend acte des annonces du gouvernement sud-africain concernant le renforcement des mesures de sécurité et le rappel du rôle exclusif des autorités publiques dans l'application de la législation migratoire. Toutefois, les organisations estiment que ces engagements doivent désormais se traduire par une protection effective des personnes menacées, des enquêtes indépendantes sur les violences signalées, des poursuites contre leurs auteurs ainsi qu'un discours politique clair rejetant toute instrumentalisation de la question migratoire.

Les signataires rappellent également la place particulière qu'occupe l'Afrique du Sud dans l'histoire du continent, soulignant que la lutte contre l'apartheid avait bénéficié du soutien de nombreux peuples africains. À leurs yeux, les violences actuelles contre des ressortissants africains dépassent le cadre des affaires intérieures sud-africaines et interrogent la capacité du continent à défendre ses propres principes de solidarité, de dignité humaine et d'unité africaine.

Enfin, les organisations demandent aux autorités sud-africaines de garantir la protection de toutes les personnes migrantes, quel que soit leur statut administratif, d'engager des poursuites contre les auteurs et instigateurs des violences et d'empêcher toute exploitation politique de la question migratoire. Elles appellent également l'Union africaine, les communautés économiques régionales et la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples à inscrire durablement la lutte contre l'afrophobie à leur agenda. Elles invitent enfin les États africains à renforcer leur assistance consulaire et concluent que la libre circulation, l'intégration africaine et la dignité humaine ne peuvent prospérer « sur un continent où l'Africain devient étranger à l'Afrique ».

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