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Zidane et l'Algérie, l'histoire d'une relation en clair-obscur
Il n'a jamais joué pour elle, mais elle ne l'a jamais oublié. Trois décennies après ses débuts en bleu, le pays de ses parents continue d'osciller entre fierté et regret d'un fils qui a choisi une autre maillot
 

(AfriquesPlus) - Zinédine Zidane a beau se faire rare en Algérie, le pays d'origine de ses parents ne l'a jamais tout à fait lâché des yeux. Entre fierté nationale et sentiment de rendez-vous manqué, cette relation ambivalente est retracée en détail dans un long format publié par L'Express dans son édition du 13 au 26 août 2026, sous la plume d'Akli Ouali.

L'Express rappelle qu'une controverse a éclaté dès les années 1990, quand le jeune Zidane a commencé à s'imposer sous le maillot français : comment le pays de ses parents avait-il pu passer à côté d'un tel talent ? Les soupçons se sont portés sur Abdelhamid Kermali, sélectionneur vainqueur de la CAN 1990, accusé de ne pas avoir su repérer le jeune Kabyle originaire du village d'Aguemoune. Sa fille a toutefois démenti cette version, affirmant, selon le magazine, que le nom de Zidane n'avait jamais circulé dans les sélections de l'époque.

Le journal précise en outre que cette légende d'un talent négligé ne correspond pas aux faits : Zidane n'a jamais été contacté par la Fédération algérienne. L'Express explique plutôt ce choix par le contexte du pays durant cette décennie, marquée par la guerre civile et la crise économique, qui a poussé la plupart des binationaux vers une équipe de France jugée plus attractive, sportivement comme financièrement.

Selon le récit de L'Express, c'est le coup de boule asséné à Marco Materazzi en finale du Mondial 2006 qui a scellé le rapprochement entre Zidane et le pouvoir algérien. Loin de nuire à son image, le geste y est célébré comme une preuve de tempérament. Le magazine cite l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, qui avait salué un joueur ayant réagi « en homme d'honneur avant de subir, sans sourciller, le verdict ».

L'Express rapporte que Bouteflika était allé plus loin en recevant la star à son palais d'El-Mouradia, avant de la décorer, quelques mois plus tard, de la médaille El-Athir, plus haute distinction de l'État algérien, remise selon le texte au nom d'une « notoriété exceptionnelle ».

Des racines entretenues loin des projecteurs

Le journal note que ce rapprochement n'a pas fait consensus. Il cite Saïd Sadi, alors président du RCD, pour qui ce voyage constituait, dit-il, « sa première grosse faute », tout en reconnaissant que la démarche de Zidane envers ses racines restait « à son honneur ».

D'après L'Express, l'engagement de Zidane envers l'Algérie s'est aussi joué loin des symboles politiques. Sa Fondation a fourni du matériel d'hémodialyse à des hôpitaux et approvisionné des cliniques pour enfants, tandis que son père a fait bâtir une mosquée et offert une ambulance dans le village familial. Le magazine cite le journaliste Lakhdar Berriche, témoin direct d'un don discret au Croissant rouge algérien, disant l'avoir vu « de ses propres yeux ». Le dernier passage de Zidane sur le sol algérien remonte, précise l'article, à un tournoi de futsal en mars 2010.

L'Express souligne que le fil s'est renoué via son fils Luca, engagé avec la sélection algérienne, un choix que le journal présente comme diversement lu, entre « retour aux sources » et dette symbolique. L'hebdomadaire relève aussi que Zidane a assisté, lors du Mondial 2026, au premier match des Fennecs plutôt qu'à celui des Bleus, et qu'il avait suivi en famille tous les matchs algériens de la CAN au Maroc.

Enfin, L'Express relate un épisode plus tendu : lors de sa première conférence de presse comme sélectionneur des Bleus, Zidane a souhaité voir le journaliste Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie, « revenir parmi les siens ». Une partie de la presse locale, que le magazine décrit comme proche du pouvoir, l'a accusé de s'ingérer dans les affaires du pays. Le journal cite en réponse le commentateur Hafid Derradji, pour qui le poste de sélectionneur « impose une plus grande retenue et neutralité ».

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