(AfriquePlus) - Arrivé au pouvoir en décembre 2024, le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, plus connu sous le nom d'Irro, affiche des ambitions claires pour son territoire, reconnu par Israël l'an dernier comme premier État à franchir ce pas. Selon un article de The Economist publié le 20 août 2026, l'ancien diplomate de 70 ans déplore que le monde ait ignoré le Somaliland pendant trente-cinq ans et entend désormais capter l'attention internationale grâce à la mer Rouge.
Alors que le trafic maritime en mer Rouge reste perturbé par les attaques des Houthis, milice soutenue par l'Iran et contrôlant une large partie du Yémen, Irro affirme depuis Nairobi que le Somaliland peut contribuer à sécuriser cette voie stratégique en proposant des bases militaires aux puissances mondiales le long de son littoral. Il ambitionne de faire du port de Berbera, où les Émirats arabes unis ont déjà construit un nouveau terminal, la principale porte d'accès aux marchés de la Corne de l'Afrique, se présentant selon ses mots comme un partenaire responsable en matière de sécurité et de commerce.
Le président somalilandais revendique ouvertement un modèle inspiré de Djibouti, qui engrange environ 125 millions de dollars par an en louant des portions de son littoral à des armées étrangères, en plus des revenus tirés des frais portuaires payés par l'Éthiopie enclavée. Irro cherche ainsi à convaincre Addis-Abeba d'utiliser Berbera comme débouché maritime principal, tout en tentant d'attirer une base militaire américaine sur place, ce qui offrirait à Washington davantage d'options en cas de reprise des frappes contre les Houthis.
Si Irro dément toute présence militaire israélienne ou américaine actuelle à Berbera, plusieurs rapports évoqués par The Economist suggèrent que les deux pays pourraient déjà développer une présence discrète sur place, avec l'appui des Émirats arabes unis. Le président somalilandais se dit prêt à offrir des bases à Israël comme aux États-Unis à Berbera si l'intérêt se confirme, et prévoit de se rendre le mois prochain à Washington dans l'espoir d'un entretien avec Donald Trump, ce qui ferait de lui le premier président du Somaliland à rencontrer directement un homologue américain. Il affirme attendre une reconnaissance des États-Unis à l'avenir, ainsi que celle d'au moins un autre pays avant la fin de l'année.
Ces ambitions irritent toutefois les voisins régionaux du Somaliland. Irro accuse Djibouti de chercher à déstabiliser son pays, tandis que les relations avec la Somalie, qui considère le Somaliland comme une province dissidente, se tendent davantage, Mogadiscio étant selon lui en train de mobiliser des troupes le long de la frontière sud.