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Niger : les mutins retranchés dans la Base 101 après une tentative de coup d'État
Repoussés de la présidence après des combats intenses, des mutins venus du Tillabéri et de Dosso se sont retranchés dans la Base 101 de Niamey, où ils retiendraient des otages nigériens et étrangers, selon Jeune Afrique
 

(AfriquePlus) - Une mutinerie a éclaté à Niamey dans la nuit de vendredi à samedi, visant la présidence, l'aéroport et la télévision nationale. Selon les informations de Jeune Afrique, actualisées à 18h30 GMT, elle serait le fait de jeunes officiers des Forces armées nigériennes, désormais retranchés dans la Base 101 après avoir été repoussés de la présidence. La situation restait très instable au moment de la rédaction de cet article.

Selon Jeune Afrique, les premières escarmouches ont eu lieu en soirée près de Ouallam, au nord de Niamey, entre des unités de défense de la ville et des soldats venus en convoi vers la capitale. Les combats se sont ensuite concentrés autour de la présidence, où les mutins ont tenté une prise d'assaut avant d'être repoussés par la Garde républicaine, au prix de combats intenses ayant fait de nombreux blessés dans les rangs loyalistes, selon une source présente sur place citée par le média. Des tirs entendus à l'intérieur même de l'enceinte présidentielle laisseraient supposer la présence d'éléments infiltrés.

Les combats se sont également concentrés autour de la Base aérienne 101, qui abrite des drones militaires nigériens ainsi que des contingents russes d'Africa Corps et italiens. Jeune Afrique rapporte qu'à la mi-journée, les mutins s'étaient rendus maîtres d'une partie de cette base, une information confirmée par un communiqué officiel lu à la télévision nationale évoquant des militaires séquestrés par leurs propres camarades. Selon une source proche des services de sécurité nigériens citée par le média, les mutins retiendraient en otage des militaires nigériens ainsi que des ressortissants étrangers, sans que leur identité ait pu être confirmée en fin de journée. Une source informée précise que les mutins refusent de capituler, la Garde présidentielle hésitant à lancer l'assaut par crainte d'un bain de sang, d'autant que le site abrite un stock de concentré d'uranium au cœur d'un différend entre la junte et le groupe français Orano.

Selon JA, les mutins ont également tenté sans succès de prendre le contrôle de la télévision publique ORTN, dont le signal est resté coupé une partie de la matinée avant d'être rétabli vers 11h GMT. Un communiqué lu à l'antenne par le ministre de la Défense, le général Salifou Modi, qualifie l'événement de « mouvement d'humeur » et salue la reprise progressive du contrôle des sites visés par les forces de sécurité.

D'après les informations recueillies par le magazine panafricain, la mutinerie serait menée par de jeunes officiers à la tête d'unités venues des villes de Ouallam et Téra, dans la région de Tillabéri, ainsi que de Dosso, avec l'implication de membres des forces spéciales. Un enregistrement audio anonyme, attribué à un groupe se présentant comme les « Forces armées de la restauration de la patrie », a circulé sur les réseaux sociaux en milieu de journée, affirmant que le général Abdourahamane Tiani n'était plus chef de l'État et que les instances de la transition étaient dissoutes, une déclaration que Jeune Afrique n'a pas pu authentifier.

Le média précise qu'en fin de journée, la situation semblait s'être stabilisée sans qu'aucun camp ne cède du terrain : les forces loyalistes, essentiellement composées d'éléments de la Garde présidentielle, sécurisent la présidence, tandis que les mutins demeurent retranchés dans la Base 101.

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