(AfriquesPlus) - Le Nigeria veut combler son déficit annuel de 2,2 millions de tonnes de poisson en renforçant la production nationale. Le gouvernement fédéral a mis en place un comité technique chargé de proposer, dans un délai de huit semaines, une feuille de route pour développer la filière.
Dans une dépêche publiée le 28 août 2026, l’Agence de presse africaine (APA) rapporte que le comité a été inauguré à Abuja par le ministre des Affaires maritimes et de l’Économie bleue, Adegboyega Oyetola. Il devra notamment identifier les mesures permettant d’accroître la production, d’améliorer la transformation et la conservation du poisson et de stimuler les investissements.
Le Nigeria consomme plus de 3,6 millions de tonnes de poisson par an, alors que sa production nationale était estimée à environ 1,4 million de tonnes en 2025. Le déficit, évalué à 2,2 millions de tonnes, est ainsi largement couvert par les importations.
Pour le gouvernement, cette dépendance représente à la fois un enjeu de sécurité alimentaire et une opportunité économique. Abuja veut notamment faire de la pêche et de l’aquaculture des secteurs capables de générer davantage d’emplois et de réduire la pression exercée par les importations sur l’économie nationale.
Plusieurs contraintes freinent cependant l’essor de la filière. Le gouvernement cite notamment le coût élevé des aliments pour poissons, l’accès limité aux alevins et géniteurs de qualité, les problèmes de santé piscicole ainsi que les insuffisances en matière de recherche et d’innovation.
Les pertes après récolte constituent également un obstacle majeur, en raison notamment du manque d’infrastructures de conservation et de chaînes du froid adaptées. Les difficultés d’accès au financement et l’insuffisance des données sur le secteur compliquent davantage le développement d’une production nationale à grande échelle.
Le comité devra également examiner les recommandations issues d’une table ronde organisée en octobre 2025 et évaluer les initiatives déjà conduites par l’État, le secteur privé et les partenaires au développement. L’objectif est d’identifier les solutions susceptibles d’être reproduites à l’échelle nationale.
Sa feuille de route devra préciser les priorités, les institutions chargées de leur mise en œuvre, les échéances, les besoins de financement ainsi que les indicateurs permettant de mesurer les progrès. Le gouvernement entend également favoriser les investissements privés et les partenariats public-privé dans le secteur.
À travers cette démarche, Abuja cherche ainsi à transformer le déficit de production en opportunité de développement d’une filière halieutique et aquacole plus productive, capable de répondre à la demande intérieure tout en renforçant la sécurité alimentaire du pays.