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Afrique du Sud, l’urgence de combattre les féminicides
La mort de neuf femmes depuis juillet dans le district d’Ekurhuleni ravive le débat sur les réponses apportées aux féminicides. Dans The Guardian, Nolethu Ndude estime que la vigilance imposée aux femmes ne peut remplacer la prévention
 

(AfriquesPlus) - En Afrique du Sud, la multiplication des féminicides relance le débat sur la responsabilité de l’État et des hommes dans la prévention des violences faites aux femmes. Dans une tribune publiée le 19 septembre 2026 par The Guardian, Nolethu Ndude, entrepreneure sociale sud-africaine et fondatrice de We Mattah, conteste les recommandations officielles invitant les femmes à éviter les lieux isolés, à ne pas se déplacer seules et à rester vigilantes.

L’auteure s’appuie notamment sur la découverte des corps de neuf femmes dans le district d’Ekurhuleni depuis juillet, dont Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, 38 ans, retrouvée morte trois jours après avoir quitté son domicile pour courir. Pour Ndude, ces consignes de prudence ne peuvent constituer une réponse suffisante : les femmes ont déjà intégré de nombreux réflexes de sécurité dans leur quotidien, sans que cela les protège des violences.

Elle rappelle également que les agressions et les meurtres ne surviennent pas uniquement dans les espaces publics ou isolés. Les femmes peuvent aussi être victimes de leurs conjoints, anciens partenaires, proches ou connaissances. Elle cite à ce titre le meurtre d’Uyinene Mrwetyana, étudiante de l’Université du Cap, violée et tuée en 2019 dans un bureau de poste.

Selon les chiffres de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) cités dans l’article, l’Afrique du Sud enregistrait en 2022 un taux de 12,2 femmes tuées pour 100 000, soit près de six fois le taux mondial. Ndude s’interroge donc sur les résultats concrets de la décision du président Cyril Ramaphosa, qui avait déclaré les violences fondées sur le genre et les féminicides « crise nationale » en 2025.

La tribune appelle à renforcer la responsabilité des institutions : moyens et formation de la police, traitement des signalements de disparition, enquêtes, poursuites judiciaires, application des ordonnances de protection et financement des structures destinées aux victimes. La Commission pour l’égalité des sexes a par ailleurs demandé un audit de sécurité des zones concernées, portant notamment sur l’éclairage, les transports publics, la surveillance et la présence policière.

Pour Nolethu Ndude, la prévention doit aussi commencer en amont, notamment auprès des jeunes, avec une éducation au consentement, à l’autonomie corporelle, aux relations saines et à des modèles de masculinité non violents. Elle estime que la lutte contre les féminicides doit dépasser le seul cadre policier et judiciaire pour impliquer les familles, les écoles, les lieux de travail, les églises, les clubs sportifs et les groupes d’amis.

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