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Corée-Afrique, l’IA au cœur d’un nouveau partenariat
L’Afrique veut éviter de rester simple consommatrice de la révolution de l’intelligence artificielle
 

(AfriquesPlus) - Dans un communiqué publié le 15 septembre 2026, la Banque africaine de développement (BAD) rend compte de la huitième Conférence ministérielle de coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC 2026), organisée à Séoul du 8 au 11 septembre. Réunissant environ 800 participants issus de 45 pays africains, la rencontre a placé l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques au centre du partenariat entre la Corée du Sud et le continent africain. Le communiqué n’est pas signé par un auteur individuel.

Les participants ont notamment discuté des moyens d’utiliser l’IA pour accélérer la transformation économique de l’Afrique. La Corée du Sud a présenté une nouvelle feuille de route articulée autour de trois priorités : développer les infrastructures d’intelligence artificielle, favoriser leur utilisation dans les secteurs productifs et renforcer les compétences numériques. Le K-AI Package doit notamment associer centres de données, infrastructures énergétiques, connectivité et applications dans l’agriculture, la santé, l’énergie et les transports.

Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a souligné le potentiel économique de l’intelligence artificielle pour le continent. Selon lui, l’IA pourrait contribuer jusqu’à 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035, à condition que les investissements nécessaires soient réalisés. Il a insisté sur le fait que cette transformation dépend également de l’accès à une électricité fiable, à des réseaux numériques abordables, à des infrastructures de données, à des compétences spécialisées et à des cadres réglementaires adaptés.

La question de la capacité de l’Afrique à maîtriser ses propres infrastructures technologiques a également été mise en avant. La BAD indique que le continent dispose actuellement de moins de 2 % de la capacité mondiale des centres de données. Des responsables africains ont par ailleurs souligné la dépendance persistante à l’égard d’infrastructures situées à l’extérieur du continent. La vice-ministre équato-guinéenne des Finances, Milagrosa Obono Angue, a notamment affirmé que 80 % des données africaines seraient hébergées à l’étranger.

Séoul a annoncé plusieurs initiatives concrètes pour accompagner les pays africains. Parmi elles figurent la création en Tanzanie d’un institut de formation technique avancée consacré notamment à l’IA, à la robotique et à l’analyse de données, ainsi que le lancement du programme K-AI Cloud Voucher, destiné à faciliter l’accès des jeunes entreprises africaines aux infrastructures cloud et aux technologies coréennes.

Les autorités sud-coréennes ont également indiqué vouloir adapter leur soutien aux priorités de chaque pays africain, tout en permettant à ces derniers de travailler avec d’autres partenaires. Des accords ont été conclus avec plusieurs banques multilatérales de développement et des pays africains afin de soutenir des investissements et des projets dans le domaine de l’intelligence artificielle.

À l’issue de la conférence, les participants ont adopté une déclaration commune et un plan d’action. Ils ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération dans l’industrie, l’éducation, la santé et l’agriculture grâce aux technologies numériques et à l’IA. L’objectif affiché est de transformer le dialogue politique entre la Corée et l’Afrique en projets concrets capables de soutenir une croissance plus inclusive et durable et de renforcer la place du continent dans le développement des technologies d’intelligence artificielle.

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