(AfriquesPlus) - L’orpaillage clandestin ne serait plus seulement une succession d’exploitations illégales isolées, mais un phénomène organisé dont les ramifications dépasseraient les sites miniers. Face à cette évolution, Ahoua Don Mello appelle les autorités ivoiriennes à cibler les réseaux financiers et les commanditaires plutôt que de se limiter à la fermeture ponctuelle des sites.
Dans un article publié le 20 août 2026, Ivoirematin.com rapporte que l’ancien ministre et vice-président de l’Alliance internationale des projets stratégiques des BRICS a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur prise par l’exploitation clandestine de l’or en Côte d’Ivoire. Il estime que cette activité s’appuie désormais sur des réseaux de criminalité organisée et sur des complicités qui lui permettraient de se maintenir dans plusieurs régions du pays.
Ahoua Don Mello met d’abord en avant les conséquences environnementales de cette activité. Selon lui, l’utilisation incontrôlée de produits comme le mercure et le cyanure dans les opérations d’extraction contribue à contaminer les cours d’eau et les nappes phréatiques. La destruction des forêts et des terres agricoles constitue également, à ses yeux, une menace directe pour les écosystèmes et les populations rurales.
L’ancien ministre élargit son analyse aux enjeux sécuritaires et alimentaires. Il estime que la présence de réseaux criminels transfrontaliers dans certaines zones rurales pourrait contribuer à accentuer l’insécurité. Dans le même temps, la dégradation des terres liée à l’orpaillage réduit les espaces disponibles pour l’agriculture et pourrait ainsi fragiliser les capacités de production alimentaire du pays.
Pour Ahoua Don Mello, les opérations ponctuelles de déguerpissement ne suffisent donc pas à traiter le problème à sa source. Il préconise une stratégie visant à démanteler les réseaux financiers qui alimentent l’exploitation illégale de l’or et à identifier leurs principaux commanditaires, afin de s’attaquer aux structures qui permettent à ces activités de perdurer.
L’ancien ministre appelle également à agir sur les facteurs économiques qui favorisent l’essor de l’orpaillage clandestin. Il préconise notamment de renforcer les possibilités d’insertion économique, professionnelle et agricole offertes aux jeunes des zones rurales, considérant que la création d’alternatives durables constitue un volet essentiel de la réponse publique.
Son intervention intervient dans un contexte où l’orpaillage clandestin constitue un enjeu à la fois environnemental, économique et sécuritaire en Côte d’Ivoire. La question dépasse ainsi la seule exploitation des ressources minières, puisqu’elle touche également à la préservation des terres agricoles, des ressources en eau et des espaces forestiers.
Ahoua Don Mello estime finalement que la lutte contre l’orpaillage illégal doit s’inscrire dans une politique nationale plus large, combinant protection de l’environnement, sécurisation des territoires, préservation du potentiel agricole et création de perspectives économiques pour les populations rurales. Pour lui, seule une action coordonnée sur ces différents fronts permettra de répondre durablement au phénomène.