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Centrafrique : Zamboye, la mine d’or devenue un tombeau
Un glissement de terrain meurtrier a endeuillé la République centrafricaine. Au moins 49 personnes ont péri dans une mine d’or artisanale de Zamboye, près de la frontière camerounaise, tandis que plusieurs dizaines d’autres pourraient encore être enseveli
 

Un glissement de terrain meurtrier a endeuillé la République centrafricaine. Au moins 49 personnes ont péri dans une mine d’or artisanale de Zamboye, près de la frontière camerounaise, tandis que plusieurs dizaines d’autres pourraient encore être ensevelies. Face à l’instabilité du terrain, les autorités ont décidé de fermer temporairement le site.

La catastrophe s’est produite en début de semaine dans la mine d’or artisanale de Zamboye, dans l’ouest de la République centrafricaine. Selon le ministère centrafricain des Mines, le glissement de terrain a fait au moins 49 morts, parmi lesquels 34 Centrafricains, 13 Camerounais et deux Tchadiens.

Présent sur les lieux mercredi, le ministre des Mines, Rufin Benam-Beltoungou, a confirmé ce bilan communiqué à l’AFP. Mais le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé. Des sources locales évoquent jusqu’à une centaine de morts, alors que plusieurs mineurs restent portés disparus et pourraient être piégés sous les décombres.

Sept blessés ont pour leur part été évacués vers l’hôpital de Baboua, situé à une cinquantaine de kilomètres de la mine.

 Un site toujours extrêmement dangereux

Face au risque de nouveaux effondrements, les autorités centrafricaines ont ordonné jeudi la fermeture temporaire de la mine et l’interdiction d’accès à la fosse. Les opérations de secours ont également été suspendues, les conditions de sécurité ne permettant plus aux équipes d'intervenir sans risque.

Les fortes pluies qui se sont abattues récemment dans la région ont aggravé la situation. Des inondations ont notamment touché les niveaux inférieurs de la mine, tandis que certaines parties des parois continuent de s'effondrer.

Des renforts de sécurité ont été dépêchés sur place, notamment des éléments associés au groupe paramilitaire russe Wagner, selon l’AFP.

 Une catastrophe qui relance le débat sur les mines artisanales

Située au bord de la rivière Kadei, qui constitue en partie la frontière entre la Centrafrique et le Cameroun, la mine de Zamboye est surnommée localement « Moscou-RCA ». Elle illustre l’importance de l’exploitation artisanale de l’or dans une région où l’activité minière échappe largement au contrôle formel de l’État.

Pour les autorités, ce drame met une nouvelle fois en évidence les dangers de l’exploitation minière informelle, notamment lorsque les infrastructures de sécurité sont inexistantes ou insuffisantes.

La société civile dénonce, elle, l’absence de mesures préventives. Crescent Beninga, militant centrafricain, rappelle qu’un accident similaire avait déjà fait plusieurs dizaines de morts en juin dans la mine d’or de Be-Mbari, elle aussi située près de la frontière camerounaise.

Son constat est particulièrement sévère : malgré la répétition de ces drames, peu de mesures auraient été prises pour empêcher de nouvelles tragédies.

 L’or centrafricain au prix fort

La catastrophe de Zamboye met surtout en lumière le paradoxe d’un pays riche en ressources minières mais confronté à une grande pauvreté. L’or et d’autres minerais y sont largement exploités de manière artisanale, parfois clandestine, dans des conditions souvent extrêmement précaires.

L’absence d’encadrement, les techniques rudimentaires d’extraction, les fortes pluies et l’instabilité des sols constituent un cocktail particulièrement dangereux pour les travailleurs.

Les images consultées par l’AFP montrent d’ailleurs l’ampleur du phénomène : des pans entiers de la paroi de l’immense mine se détachent et s’effondrent sur les mineurs travaillant en contrebas.

Au-delà du bilan humain, Zamboye pose donc une question de fond : combien de nouvelles vies devront être sacrifiées avant que l’exploitation artisanale de l’or en Centrafrique ne soit véritablement sécurisée et encadrée ? La fermeture temporaire du site constitue une réponse immédiate, mais le drame souligne surtout la nécessité de s’attaquer aux causes profondes d’une activité qui, année après année, continue de faire des victimes.

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