(AfriquesPlus) - Le mois d’août est devenu, pour une partie du mouvement noir américain, un temps de mémoire, d’étude et de mobilisation. Dans un article publié ce 23 août 2026, Adria R. Walker, dans The Guardian, retrace l’histoire de Black August, une tradition née dans les prisons californiennes au début des années 1970 avant de s’étendre à différentes communautés militantes aux États-Unis et au-delà.
L’initiative prend forme après la mort de plusieurs militants noirs incarcérés, notamment George Jackson, Jonathan Jackson et Khatari Gaulden. Des membres de la Black Guerrilla Family décident alors de faire du mois d’août une période consacrée à leur mémoire et à la réflexion sur les conditions de la résistance noire.
Au fil des décennies, Black August dépasse le cadre carcéral. Des organisations proposent aujourd’hui des rencontres, projections, activités culturelles et séances de lecture. La pratique repose notamment sur l’étude de l’histoire noire, la méditation, l’exercice physique et le jeûne. Elle vise aussi à maintenir la mobilisation en faveur des prisonniers politiques noirs, dont certains sont détenus depuis plusieurs décennies.
L’historien Gerald Horne rappelle que le choix du mois d’août n’est pas fortuit. Plusieurs épisodes importants de l’histoire des résistances noires y sont associés, notamment la révolution haïtienne, la révolte de Watts et l’insurrection menée par Nat Turner. Le mois correspond également à la naissance de plusieurs figures du militantisme noir, dont Marcus Garvey et Fred Hampton.
Pour les promoteurs de Black August, cette commémoration ne relève donc pas seulement du devoir de mémoire. Elle entend servir de moyen de formation et de mobilisation contre la suprématie blanche, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, tout en favorisant les solidarités internationales.
Adria R. Walker souligne enfin la place accordée aux lectures politiques et historiques. Parmi les auteurs proposés figurent Frantz Fanon, Walter Rodney, W.E.B. Du Bois, Claudia Jones, Ida B. Wells et George Jackson, témoignant d’une volonté de relier l’histoire des luttes noires américaines aux combats anticoloniaux et panafricains.