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Burkina Faso, un ex-combattant décrit le train de vie luxueux des chefs terroristes
Recruté de force à 16 ans, un ancien membre d’un groupe armé affirme avoir découvert une organisation où les jeunes combattants sont envoyés au front pendant que leurs chefs profitent du butin des pillages.
 

(AfriquesPlus) - Le terrorisme au Burkina Faso ne se résumerait pas aux violences commises contre les populations civiles. Il serait également, selon le témoignage d’un ancien combattant, un système d’exploitation dans lequel les jeunes recrues risquent leur vie au front pendant que les chefs des groupes armés profitent du butin et vivent dans le confort.

Dans un témoignage publié le 26 août 2026, l’Agence d’information du Burkina (AIB) rapporte les déclarations d’Abou Djahil, un ancien combattant terroriste interpellé par les Forces combattantes. Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 19 ans, affirme avoir été enrôlé de force en 2023, alors qu’il n’avait que 16 ans.

Selon son récit, son recrutement a été effectué par son frère aîné, Amadou, qui aurait utilisé à la fois la contrainte et la ruse. Après avoir rejoint les groupes armés dans la zone de Tougouri, Abou Djahil dit avoir progressivement compris le fonctionnement interne de l’organisation et nourri des projets de défection.

Son arrestation par les Forces combattantes aurait finalement été vécue comme une délivrance. Dans son témoignage rapporté par l’AIB, il décrit un système dans lequel les chefs restent éloignés des combats, tandis que les combattants de base sont envoyés au front et exposés aux risques les plus importants.

« Ce sont de véritables arnaqueurs, des profiteurs et des pervers », affirme l’ancien combattant, estimant que les discours utilisés pour recruter les jeunes sont très éloignés de la réalité qu’ils découvrent ensuite.

Selon Abou Djahil, les chefs terroristes installés dans les zones abandonnées par les populations disposeraient parfois de plusieurs résidences dans une même localité. Il affirme également que certains d’entre eux y installeraient plusieurs épouses et passeraient d’une base à une autre pour récupérer le produit des pillages.

« S’il commande dix bases, il a au moins dix résidences avec au moins dix femmes », rapporte l’AIB, citant le témoignage du jeune homme.

Toujours selon son récit, les chefs conserveraient l’essentiel du butin issu des pillages et n’en redistribueraient qu’une petite partie à leurs combattants. Ces derniers seraient ainsi contraints de prendre des risques considérables pour un bénéfice limité.

Les seuls combattants à bénéficier d’un traitement relativement privilégié seraient, d’après Abou Djahil, ceux chargés de la garde rapprochée des chefs. Leur proximité avec les dirigeants leur permettrait d’échapper en partie aux conditions précaires auxquelles sont confrontées les autres recrues.

Le témoignage met ainsi en avant une profonde différence entre les dirigeants des groupes armés et leurs combattants de base. Alors que les seconds sont exposés aux opérations militaires et aux affrontements, les premiers chercheraient à préserver leur sécurité tout en profitant des ressources obtenues par les pillages.

L’ancien combattant décrit cette organisation comme une « mafia d’un autre niveau », estimant que les jeunes enrôlés sont finalement les principales victimes d’un système qui les instrumentalise.

L’AIB souligne que les Forces combattantes mènent régulièrement des opérations contre les groupes armés et que plusieurs responsables terroristes ont été neutralisés au cours de ces offensives. L’agence rapporte également que les autorités burkinabè encouragent les membres des groupes armés à se rendre.

Le témoignage d’Abou Djahil intervient dans un contexte où le Burkina Faso poursuit ses opérations contre les groupes armés qui sévissent dans plusieurs régions du pays. Il apporte, du point de vue d’un ancien membre de ces organisations, un éclairage sur les mécanismes de recrutement et sur les conditions imposées aux jeunes combattants.

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