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Chine-Afrique, la formation numérique des femmes au cœur d’une nouvelle approche de la coopération
Le numérique s’impose progressivement comme un levier de coopération entre la Chine et l’Afrique, notamment dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes
 

(AfriquesPlus) - Le numérique s’impose progressivement comme un levier de coopération entre la Chine et l’Afrique, notamment dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes. Dans une tribune publiée le 18 août 2026 par The Star, la journaliste Njeri Maina revient sur la formation organisée en Chine au profit de 28 femmes dirigeantes, entrepreneures et professionnelles africaines, venues notamment du Kenya, de l’Égypte, de la Gambie, du Rwanda et de l’Afrique du Sud.

Consacré au marketing par vidéos courtes, au livestreaming et au commerce électronique, le séminaire visait à familiariser les participantes avec des outils susceptibles de leur permettre d’élargir leur clientèle, de mieux commercialiser leurs produits et de développer leurs entreprises sur les marchés numériques.

Pour Njeri Maina, cette initiative témoigne d’une évolution de la coopération internationale. L’accent est désormais davantage mis sur le transfert de compétences et de technologies que sur le seul apport financier. Une orientation particulièrement pertinente pour l’Afrique, où les femmes sont très présentes dans les petites entreprises et l’économie informelle, mais restent confrontées à des obstacles liés au financement, à l’accès aux marchés et à la maîtrise des outils numériques.

La journaliste estime que le développement du commerce en ligne peut contribuer à lever une partie de ces barrières. Dans des secteurs aussi variés que la mode, l’agriculture, le tourisme, l’artisanat ou la transformation alimentaire, les entrepreneures peuvent utiliser les réseaux sociaux et les plateformes numériques pour toucher des consommateurs au-delà de leur environnement immédiat.

L’article replace toutefois cette initiative dans une stratégie chinoise plus ancienne d’investissement dans le capital humain féminin. Njeri Maina rappelle les progrès accomplis par la Chine en matière d’éducation des filles et de participation des femmes à l’enseignement supérieur. Selon les données citées dans la tribune, le taux net de scolarisation des filles dans le primaire dépasse 99,9 % depuis 2015. Les femmes représentent également plus de la moitié des étudiants de premier cycle et environ la moitié des étudiants de troisième cycle.

Cette évolution s’est accompagnée, selon l’auteure, du développement de mécanismes de protection sociale et de couverture sanitaire, qui ont contribué à renforcer la sécurité économique des femmes. L’éducation, la santé et la protection sociale sont ainsi présentées comme les principaux piliers d’une politique visant à faire des femmes des actrices du développement plutôt que de simples bénéficiaires des politiques publiques.

La création du Global Center for Women’s Capacity Building s’inscrit dans cette logique de partage d’expériences avec les pays du Sud. Pour Njeri Maina, la formation organisée en Chine constitue une illustration concrète de cette volonté de transmettre des compétences directement mobilisables dans les activités économiques.

La tribune souligne également que la question de l’égalité entre les femmes et les hommes est intégrée par Pékin à ses politiques nationales de développement. L’objectif ne se limite donc pas à des programmes spécifiquement consacrés aux femmes, mais s’insère dans des politiques plus larges touchant à l’économie, à l’éducation, à la protection sociale et à l’innovation.

Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse ainsi la seule maîtrise des réseaux sociaux ou du commerce électronique. L’auteure invite à regarder plus largement l’expérience chinoise en matière d’éducation, de formation professionnelle et de développement des compétences. À ses yeux, l’investissement dans les capacités humaines pourrait être aussi déterminant pour le développement africain que les grands projets d’infrastructures.

La formation de ces 28 entrepreneures apparaît ainsi comme un exemple d’une coopération Chine-Afrique qui cherche à agir directement sur les compétences et les opportunités économiques. Dans un continent où le numérique transforme rapidement les modes de production, de vente et d’accès aux marchés, le renforcement des compétences des femmes pourrait constituer un important levier de création d’emplois, de revenus et de nouvelles activités économiques.

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