Skip to main content
Des fédérations africaines à la manœuvre pour tenter de déloger Infantino
Des fédérations africaines auraient sondé Mattias Grafström pour défier Gianni Infantino à la FIFA, malgré le soutien officiellement affiché par la CAF au président sortant, selon le Guardian
 

(AfriquePlus) - Selon une enquête exclusive du Guardian publiée ce samedi 22 août 2026, des dirigeants de fédérations africaines ont pris l'initiative d'approcher directement le secrétaire général de la Fifa, Mattias Grafström, pour tester sa disposition à se présenter contre Gianni Infantino l'an prochain. 

L'article signé Ed Aarons et Romain Molina rapporte que deux présidents de fédérations africaines ont personnellement appelé Grafström la semaine dernière pour sonder ses intentions. La démarche aurait surpris le Suédois, qui n'aurait donné aucune réponse tranchée. Ce n'est pas un hasard si le choix s'est porté sur lui. Les dirigeants africains y voient un profil capable de fédérer au-delà des clivages continentaux habituels. Une source siégeant au comité exécutif de la Caf résume ainsi le calcul : ils estiment que Grafström peut « rassembler tous les continents », grâce à une réputation d'homme à l'écoute de leurs préoccupations.

Officiellement, la Confédération africaine de football continue d'afficher un front uni derrière Infantino, son comité exécutif ayant revendiqué avoir « unanimement reconfirmé » son soutien. Mais l'enquête du Guardian met en évidence l'écart entre ce discours public et la réalité des positions internes. Lors de la réunion de l'exco du 7 août, seuls quatre membres sur vingt-et-un ont défendu ouvertement le président sortant, parmi lesquels le patron de la Caf Patrice Motsepe et le vice-président marocain Fouzi Lekjaa. 

Les autres se seraient tus, préférant temporiser plutôt que de prendre position avant de connaître l'issue du bras de fer. Jusqu'à quinze fédérations du continent seraient ainsi prêtes, selon le journal, à ne plus soutenir Infantino lors du scrutin.

La CAN biennale, point de rupture

Ce basculement s'enracine dans une rancœur précise : le passage de la CAN d'un rythme biennal à un rythme quadriennal, décision perçue par une partie des fédérations comme un diktat venu de Zurich fin d'année dernière, plutôt qu'un choix concerté avec le continent. C'est ce sentiment de dépossession qui semble avoir converti une partie du bloc africain, longtemps considéré comme le socle électoral le plus fiable d'Infantino, en zone d'incertitude.

Avec 54 fédérations sur les 211 que compte la Fifa, l'Afrique dispose objectivement du bloc de voix le plus important de toutes les confédérations. De quoi peser lourd dans une élection où un challenger devrait réunir 106 suffrages pour renverser Infantino. C'est précisément ce poids qui explique pourquoi les regards se tournent vers le continent dès qu'un nom de rival circule, qu'il s'agisse de Grafström ou de Cheikh Salman bin Ebrahim Al-Khalifa, président de la Confédération asiatique déjà battu par Infantino en 2015 et toujours soutenu par une partie des fédérations africaines.

Mais l'enquête souligne que les fédérations africaines ne comptent pas apporter leur voix par simple opposition à Infantino ; elles conditionnent leur ralliement à un engagement financier concret, à la hauteur de ce que promettait le projet Fifa Forward Enterprise abandonné. Soit environ 20 millions de dollars par an et par association. Sans proposition équivalente d'un rival, prévient une source citée par le journal, aucun basculement massif n'est garanti.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
541
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3