(AfriquesPlus) - Selon un reportage diffusé par TV5 Monde et signé Berd Pambou, l'opération « Zéro Kuluna », menée par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) au Congo-Brazzaville, suscite une contestation croissante. Officiellement présentée par la présidence congolaise comme un dispositif de réinsertion — un centre de 13 hectares accueille aujourd'hui 200 jeunes délinquants arrêtés pour y apprendre un métier —, l'opération est en réalité accusée d'avoir donné lieu, depuis près d'un an, à de nombreuses violations des droits humains.
Plusieurs proches de jeunes arrêtés, identifiés comme « Kuluna », rapportent des faits d'une extrême gravité. Une mère de famille raconte ainsi à TV5 Monde comment des agents de la DGSP ont ramené son fils chez elle avant de l'exécuter sous ses yeux, après avoir saccagé leur domicile. Une autre mère affirme n'avoir plus aucune nouvelle de son garçon, arrêté à l'aube huit mois auparavant, sans qu'aucun motif ne lui ait jamais été communiqué. Ces familles disent s'être heurtées au silence des commissariats, prisons, hôpitaux et morgues, sans qu'aucune enquête officielle ne soit ouverte.
Face à cette impasse, plusieurs proches de victimes se sont tournés vers le Centre d'action pour le développement (CAD), une organisation non gouvernementale. Celle-ci a recensé, entre septembre 2025 et avril 2026, 72 exécutions sommaires, 56 disparitions forcées et 38 cas de torture liés à l'opération. Le directeur exécutif du CAD, cité par TV5 Monde, estime que l'action de la DGSP « ne repose sur aucun fondement légal » et annonce le dépôt d'une plainte, tout en dénonçant le sentiment d'impunité de son chef, Serge Boa. Sollicités par la chaîne, le porte-parole du gouvernement congolais et le ministère de la Justice n'avaient pas répondu au moment de la diffusion du reportage.