(AfriquesPlus) - Les armées africaines peinent encore à répondre à la montée en puissance des drones armés utilisés par les groupes insurgés, particulièrement au Sahel. Dans une analyse publiée le 24 août 2026, le site sud-africain DefenceWeb alerte sur l’écart croissant entre les capacités offensives des groupes armés et les moyens de défense des forces régulières.
Selon l’article, près de 60 attaques impliquant des drones ont été recensées en Afrique en 2025, soit presque trois fois plus qu’en 2024. Une part importante de ces attaques est attribuée au JNIM et au Front de libération de l’Azawad (FLA), deux groupes actifs au Mali et dans la région sahélienne. L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a également utilisé des drones armés contre les forces de sécurité au Nigeria et au Cameroun.
Cette évolution traduit une transformation rapide des usages. Initialement employés pour la reconnaissance et le renseignement, des drones commerciaux sont désormais adaptés pour mener des attaques de type kamikaze. Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le nord du Nigeria figurent parmi les zones les plus exposées.
L’article souligne surtout le retard des capacités anti-drones africaines. Alors que plusieurs armées disposent désormais de drones offensifs, rares sont celles capables d’intercepter efficacement des appareils commerciaux volant à basse altitude. Le problème est aggravé par la facilité d’accès à ces équipements, la porosité des frontières et la circulation en ligne de modes d’emploi permettant de transformer des drones civils en armes aériennes guidées.
Le Nigeria apparaît toutefois comme l’un des pays ayant engagé les efforts les plus importants. Son armée développe des capacités de détection et de brouillage, notamment grâce au système radar 612A Anti-UAV et au dispositif portable EDM4S SkyWiper. Abuja cherche également à développer des solutions nationales avec l’entreprise Terra Industries. En Afrique du Sud, un système anti-drones utilisant l’intelligence artificielle et combinant moyens électroniques et cinétiques est également en développement.
Pour les analystes cités par DefenceWeb, le phénomène constitue désormais un enjeu majeur de sécurité régionale. Sans investissements rapides dans les systèmes de détection, de brouillage et d’interception, les groupes armés pourraient continuer à perfectionner leurs capacités, renforçant ainsi leur avantage dans les conflits asymétriques.