(AfriquesPlus) - Addis-Abeba dépense des milliards pour sauver sa monnaie, en vain. La banque centrale éthiopienne a englouti 2,2 milliards de dollars cette année pour endiguer la chute du birr, mais la monnaie continue de dégringoler, écrasée par la flambée des prix du pétrole et des importations, révèle Bloomberg dans un article publié par Ray Ndlovu et Fasika Tadesse, le 19 août 2026.
La monnaie éthiopienne a reculé de 3,2% depuis le début de l'année, tombant à un niveau record de près de 162 birrs pour un dollar, détaille Bloomberg. Pire : sur un an, le birr est la monnaie la moins performante parmi les 23 devises africaines suivies par l'agence.
La dégringolade a commencé après la dévaluation soutenue par le FMI en 2024, mais tout espoir de stabilisation a été balayé par le conflit iranien, qui a renchéri le coût du carburant et des engrais importés tout en réduisant les transferts des travailleurs basés dans le Golfe, ajoute l'article.
« Le manque de disponibilité des devises est dû à un déficit structurel de la balance courante », a expliqué Sarah Baynton-Glen, économiste Afrique chez Standard Chartered, citée par Bloomberg. L'Éthiopie étant importatrice de pétrole, le birr « a tendance à subir davantage de pressions lorsque les prix sont élevés », a-t-elle ajouté.
Sur le marché parallèle d'Addis-Abeba, le dollar s'échange déjà contre 180 birrs, soit environ 15% au-dessus du cours officiel, signe d'une nouvelle dégradation à venir, relève l'article. L'économiste anticipe néanmoins un ralentissement du rythme de dépréciation, tablant sur un cours de 163 birrs pour un dollar d'ici la fin de l'année.
Le 12 août, lors de la dernière vente de dollars de la banque centrale, des banques ont offert jusqu'à 163 birrs pour un dollar, selon Mered Fikireyohannes, PDG de Pragma Advisory à Addis-Abeba, cité par Bloomberg. La demande de devises reste forte à l'approche du Nouvel An éthiopien, le 11 septembre, une pression qui pourrait se manifester lors de la prochaine adjudication du 26 août.
Si les réserves de change ont été renforcées par des exportations d'or records, la banque centrale ne publie pas de chiffres précis, se contentant d'affirmer que ses « réserves de change ont augmenté jusqu'à vingt fois leur niveau d'avant-réforme », en référence aux mesures de 2024, note Bloomberg. Un rapport du FMI, en juillet, évaluait ces réserves à environ 5,9 milliards de dollars. La banque centrale n'a pas répondu aux sollicitations de l'agence.
Côté budget, le gouvernement anticipe un déficit plus large pour l'exercice débuté en juillet, invoquant les dépenses liées à la guerre en Iran, dont les subventions sur le carburant, ajoute l'article.