(AfriquesPlus) - La Development Finance Corporation (DFC) soutient une série de projets africains de terres rares, alors que les investisseurs privés restent réticents à financer ce secteur pourtant jugé stratégique, ont confié à Reuters deux hauts responsables de l'agence, dans un article signé Maxwell Akalaare Adombila et publié le 19 août 2026.
La DFC a mis 62,8 millions de dollars sur la table pour des projets de terres rares au Malawi, en Angola, à Madagascar et en Afrique du Sud, aucun n'ayant pour l'instant atteint le stade de la production, a indiqué l'agence mercredi. La plus grande partie de cette enveloppe (environ 50 millions de dollars) a été fléchée vers le projet Phalaborwa en Afrique du Sud, porté par l'investisseur minier dublinois TechMet.
« Nous ne voyons pas arriver de capitaux privés », a confié l'un des deux responsables, qui a requis l'anonymat n'étant pas autorisé à s'exprimer publiquement sur le sujet. « Nous essayons d'aider ces projets à atteindre un stade où le risque est réduit, pour qu'ils deviennent attractifs pour l'investissement privé », a-t-il ajouté, cité par l'agence.
Fait notable, souligne l'article : les deux cadres de la DFC ont reconnu publiquement, ce qui reste inhabituel, que les investisseurs privés demeurent largement réticents à financer les projets africains de terres rares, malgré leur importance stratégique pour réduire la dépendance américaine envers la Chine, premier producteur mondial, qui domine la chaîne d'approvisionnement et a durci ses contrôles à l'exportation ces dernières années.
Les terres rares sont indispensables aux aimants utilisés dans les véhicules électriques, les éoliennes et les systèmes de défense. Washington s'appuie de plus en plus sur la DFC pour bâtir des chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques alignées sur les intérêts occidentaux, rapporte Reuters.
Un des responsables de la DFC a expliqué que les investisseurs privés restent méfiants à l'égard des projets africains de terres rares en raison de leur profil de risque plus élevé et de la crainte que les interventions chinoises sur le marché ne fragilisent les prix et la rentabilité économique des projets.