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Ghana, quand les constructions traditionnelles inspirent l’architecture de demain
Face au changement climatique, le Ghana pourrait trouver des réponses dans ses architectures traditionnelles, conçues depuis des générations pour s’adapter au climat local
 

(AfriquesPlus) - Alors que les villes ghanéennes se transforment rapidement et que le changement climatique impose de nouvelles contraintes aux bâtiments, des solutions pourraient se trouver dans des techniques architecturales vieilles de plusieurs générations. Dans un article publié le 14 septembre 2026 par The Conversation Africa, l’architecte Saeed Akannah Junior, maître de conférences à la Bolgatanga Technical University, montre comment l’architecture vernaculaire du Ghana pourrait contribuer à concevoir des bâtiments plus adaptés aux réalités climatiques actuelles.

L’auteur rappelle que l’architecture vernaculaire désigne les constructions élaborées à partir des connaissances, des matériaux, des pratiques culturelles et des contraintes environnementales propres à chaque territoire. Au Ghana, elle se manifeste notamment à travers l’utilisation de la terre, du bois et de la paille, mais aussi par l’organisation des habitations autour de cours, l’orientation des bâtiments, les espaces ombragés et les dispositifs favorisant la circulation naturelle de l’air.

Ces techniques ne sont pas le fruit du hasard. Elles résultent d’une adaptation progressive aux différents environnements du pays. Les communautés vivant dans les zones de savane chaude et sèche n’ont pas développé exactement les mêmes solutions que celles installées dans les régions forestières humides ou sur le littoral. Les formes d’habitat ont ainsi évolué en fonction de la chaleur, des pluies, de l’humidité, des vents, des matériaux disponibles et des besoins sociaux.

Saeed Akannah Junior s’appuie notamment sur les travaux de chercheurs comme Labelle Prussin et Hannah Schreckenbach, qui ont documenté les architectures et les techniques de construction locales au Ghana. Mais son approche cherche à aller plus loin en considérant cette architecture comme un ensemble de connaissances encore utilisables, et non comme un simple patrimoine à conserver.

Cette réflexion prend une importance particulière avec l’urbanisation rapide du Ghana, la hausse du coût des matériaux et les effets du changement climatique. Les constructions contemporaines, souvent inspirées de modèles standardisés et fortement dépendantes de matériaux importés, peuvent être énergivores. À l’inverse, certaines caractéristiques des architectures traditionnelles permettent de limiter naturellement la chaleur à l’intérieur des bâtiments et de réduire leur besoin en climatisation.

L’auteur insiste toutefois sur le fait que toutes les techniques anciennes ne peuvent pas être reproduites telles quelles. Les constructions en terre peuvent avoir besoin de fondations plus résistantes et d’une meilleure protection contre l’humidité. Les toitures en chaume peuvent également être modernisées pour améliorer leur sécurité et leur durée de vie. Les anciennes configurations des logements doivent, elles aussi, être adaptées aux exigences actuelles en matière d’assainissement, d’accessibilité et de confort.

Le principal danger serait donc moins la disparition des bâtiments traditionnels que celle des savoirs qu’ils renferment. L’urbanisation, les nouveaux modes de vie et l’idée selon laquelle le béton serait nécessairement synonyme de progrès contribuent à marginaliser ces pratiques. Or, avec chaque bâtiment détruit disparaissent aussi des connaissances sur les matériaux, la ventilation, l’orientation des constructions et l’organisation des espaces.

Pour Saeed Akannah Junior, l’avenir ne consiste donc pas à opposer architecture traditionnelle et architecture moderne. Il s’agit plutôt de sélectionner les principes qui restent pertinents et de les intégrer aux technologies actuelles. Les matériaux locaux peuvent être améliorés, les techniques de refroidissement passif adaptées aux logements contemporains et les principes des cours intérieures réintroduits dans les nouveaux projets urbains.

L’expérience ghanéenne invite ainsi à repenser la notion de modernité. Face au changement climatique, l’innovation ne passe pas nécessairement par l’abandon des savoirs anciens. Elle peut aussi consister à les réinterpréter. L’architecture vernaculaire apparaît alors comme un laboratoire historique de solutions capables d’aider les sociétés africaines à construire des bâtiments plus sobres, plus adaptés à leur environnement et davantage résilients.

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