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Guyane, après l’or, des sols encore loin d’avoir retrouvé leur vie
L’exploitation aurifère bouleverse profondément les sols en retirant leur couche superficielle et en les exposant à l’érosion. Cette dégradation peut également favoriser la remobilisation du mercure naturellement présent dans les sols guyanais
 

(AfriquesPlus) - Dans un éclairage publié le 17 août 2026, le BRGM, à partir d’un article de The Conversation signé par Naomi Nitschke, met en évidence les limites de la réhabilitation des anciens sites miniers aurifères en Guyane. Si les techniques actuelles permettent de stabiliser rapidement les terrains et de réduire fortement les rejets de particules vers les rivières, elles ne suffisent pas nécessairement à restaurer les fonctions biologiques du sol ni à favoriser le retour d’une véritable forêt.

L’exploitation aurifère bouleverse profondément les sols en retirant leur couche superficielle et en les exposant à l’érosion. Cette dégradation peut également favoriser la remobilisation du mercure naturellement présent dans les sols guyanais, lequel peut ensuite atteindre les rivières et entrer dans la chaîne alimentaire. Si l’orpaillage légal est interdit d’utiliser du mercure, l’exploitation illégale continue, elle, d’en faire usage.

Après exploitation, les sites légaux font l’objet de travaux de terrassement, de restauration des cours d’eau et de végétalisation. Ces mesures produisent des résultats rapides sur l’érosion : celle-ci est divisée par trois en six mois et devient presque nulle après trois ans. Mais cette stabilisation ne signifie pas que le sol a retrouvé ses capacités naturelles.

Une étude suivie pendant cinq ans montre en effet que plusieurs indicateurs liés à l’activité biologique, au carbone et à l’azote restent nettement inférieurs à ceux de la forêt environnante. La végétation herbacée recolonise rapidement les parcelles, mais cette première couverture végétale ne suffit pas à enclencher le retour d’une véritable forêt secondaire.

L’étude identifie néanmoins un phénomène encourageant : les zones situées en bordure des sites miniers présentent une activité biologique plus importante. La forêt voisine pourrait ainsi contribuer, par les pluies, les microorganismes, les graines et la matière organique, à une recolonisation progressive des terrains dégradés vers leur centre.

Pour les auteurs, le bilan appelle donc à revoir les priorités de la réhabilitation. Les politiques publiques se concentrent aujourd’hui principalement sur la réduction des particules rejetées dans les rivières, un objectif globalement atteint. Elles devraient davantage intégrer la restauration des fonctions biologiques des sols et le retour de la forêt. Des techniques plus ambitieuses existent, mais leur mise en œuvre implique des coûts supplémentaires.

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