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Immigration, les Comores accusent la France de néocolonialisme
En annonçant depuis Mayotte que l'aide française serait désormais liée à la coopération migratoire de plusieurs pays africains, Sébastien Lecornu a provoqué un tollé
 

(AfriquePlus) - Le gouvernement comorien a vivement réagi aux déclarations du premier ministre français, qui a annoncé vouloir conditionner l'aide au développement de plusieurs pays africains, dont les Comores, à leur coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine.

Selon Le Monde, Sébastien Lecornu a affirmé mercredi, lors d'une visite de deux jours à Mayotte, que l'aide au développement versée aux Comores et à six autres pays africains — Burundi, Tanzanie, République démocratique du Congo, Rwanda, Somalie et Kenya — serait désormais soumise à de nouveaux critères liés à leur collaboration contre les réseaux de passeurs, à la délivrance de laissez-passer consulaires et à leur capacité à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière. Ces propos ont été tenus à la base navale de Dzaoudzi, à l'ouverture d'une réunion du commandement militaire chargé de la lutte contre l'immigration clandestine.

Le Monde rapporte les propos du ministre comorien des affaires étrangères, Mohamed Mbae, qui a jugé jeudi cette déclaration empreinte d'une « condescendance insupportable » et « surprenante », la qualifiant de totalement déconnectée des attentes de la population de Mayotte, île comorienne toujours revendiquée par l'Union des Comores malgré son statut de département français depuis l'indépendance du reste de l'archipel en 1975. Le ministre y voit aussi un décalage avec la situation de l'île après le passage du cyclone Chido en 2024.

L'article souligne que ces propos ont suscité une réprobation dans l'ensemble de l'échiquier politique comorien. Le parti d'opposition USHE a dénoncé un « chantage scandaleux », accusant dans un communiqué la France de maintenir une occupation coloniale de Mayotte tout en se présentant comme un ami des Comores. L'ONG Comité Maore a de son côté qualifié la mesure de « chantage inacceptable », accusant Paris de mener une politique néocoloniale.

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