(Afriquesplus) - L’affaire des démolitions intervenues le 3 juin 2026 à Koumassi-Campement continue de susciter des interrogations en Côte d’Ivoire. Dans une revue de presse publiée le 18 septembre, le média ivoirien Linfodrome revient sur les derniers développements du dossier et sur les interrogations politiques entourant notamment les responsabilités des différentes autorités impliquées.
Le dossier porte sur la destruction de plusieurs constructions dans le quartier Campement, dans la commune de Koumassi. L’affaire avait rapidement pris une dimension nationale, notamment en raison des interrogations sur le fondement juridique des opérations et sur le rôle joué par différentes autorités administratives.
Le 16 septembre, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a apporté de nouveaux éléments sur l’enquête. Selon les autorités judiciaires, la décision de justice invoquée pour justifier les opérations n’autorisait pas la démolition des habitations. Elle aurait seulement permis le déguerpissement de cinq constructions.
Le parquet a également indiqué que plusieurs personnes avaient été entendues dans le cadre de l’information judiciaire. Parmi elles figurent notamment le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, le maire de Koumassi, des responsables administratifs et techniques du District et de la mairie, ainsi que plusieurs autres personnes susceptibles de détenir des informations sur le déroulement des opérations.
Selon les explications fournies par le procureur, le ministre-gouverneur a déclaré que les démolitions avaient été réalisées dans le cadre du plan ORSEC, avec pour objectif de libérer certaines emprises et de supprimer des installations considérées comme irrégulières. La justice cherche toutefois à déterminer si ce dispositif pouvait effectivement être appliqué dans les circonstances de l’opération et quel a été le degré d’implication des différentes autorités.
Le périmètre concerné représente environ 6,8 hectares et comprend 250 lots répartis sur sept îlots. Le parquet a recensé 28 parcelles bénéficiant d’un Arrêté de concession définitive, quatre autres disposant d’un certificat de mutation de propriété foncière, huit appartenant à l’État et 205 parcelles dépourvues de titre foncier. Le site a été placé sous main de justice dans l’attente de la poursuite des investigations.
L’affaire avait déjà conduit la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) à ouvrir une analyse du dossier. Dans une déclaration publiée en juin, l’institution avait indiqué que les éléments alors disponibles ne permettaient ni d’établir définitivement la régularité des droits revendiqués sur le site ni de conclure à l’existence d’irrégularités.
Dans ce contexte, les interrogations rapportées par Linfodrome sur les conséquences politiques de l’affaire interviennent alors que la procédure judiciaire se poursuit. Le parquet précise de son côté que les auditions et vérifications ne sont pas terminées et que l’enquête doit permettre de déterminer les responsabilités éventuelles de chacune des personnes concernées.
L’affaire Koumassi-Campement reste donc suivie à la fois sur le terrain judiciaire et dans le débat public ivoirien, avec des questions persistantes sur les conditions dans lesquelles les démolitions ont été conduites et sur les responsabilités administratives et individuelles susceptibles d’être établies par la justice.