(AfriquesPlus) - Un rare « médicane », phénomène tempétueux méditerranéen aux caractéristiques proches d'un cyclone, semble se former juste au nord-est de Tripoli, en Libye, selon un article de Matthew Cappucci publié dans le Washington Post le 14 septembre 2026. Le système pourrait atteindre, d'ici mercredi, l'intensité d'une forte tempête tropicale. Si sa zone d'atterrissage reste incertaine, l'auteur recommande une surveillance attentive en Grèce, dans le nord de la Libye et le nord-ouest de l'Égypte, la principale crainte portant sur des inondations localement importantes en cas d'arrivée sur les côtes.
L'article souligne la difficulté notoire à prévoir la trajectoire de ces systèmes, généralement de petite taille et sujets à des fluctuations d'intensité erratiques. Les courants directeurs faibles qui favorisent leur formation limitent également leur progression, rendant leur déplacement particulièrement imprévisible, même si une lente dérive vers l'est est jugée la plus probable. Ces phénomènes, qualifiés de « subtropicaux », naissent généralement d'un mélange de processus tropicaux et non tropicaux, débutant comme des dépressions classiques des latitudes moyennes avant de puiser leur énergie dans les eaux chaudes de la Méditerranée. Dans le cas présent, le système serait né d'une poche de tourbillon le long d'un front froid, alimentée par des températures de surface avoisinant les 28 degrés Celsius, un niveau suffisant pour son intensification, d'autant que l'air en altitude est particulièrement froid.
Le Washington Post rappelle que le médicane le plus puissant jamais enregistré, baptisé Ianos, avait frappé la Grèce les 17 et 18 septembre 2020, atteignant brièvement l'équivalent d'un petit ouragan de catégorie 2 avec des vents de 153 km/h. La Libye a également déjà connu ce type de phénomène, l'article citant le cas du cyclone Daniel en septembre 2023, resté le plus meurtrier jamais recensé malgré des vents maximaux limités à 88 km/h. Ce système avait provoqué l'effondrement des barrages de Derna et de Mansour, entraînant des inondations catastrophiques le long de l'oued Derna et submergeant de larges portions de la ville, causant près de 6 000 morts.