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La mode africaine cherche sa place auprès de la diaspora
Pour les Africains établis à l’étranger, porter des créations venues du continent reste souvent une affaire de distance, de coût et de logistique
 

(AfriquesPlus) - Pour les Africains établis à l’étranger, porter des créations venues du continent reste souvent une affaire de distance, de coût et de logistique. Dans un article publié ce 14 août 2026, Sandra Koffi de Deutsche Welle (DW) s’intéresse aux habitudes vestimentaires de la diaspora et à l’évolution de ses goûts.

Sur le continent, l’accès aux tissus et aux couturiers locaux demeure relativement simple. À l’étranger, les démarches sont plus complexes. Certaines personnes continuent de commander leurs vêtements directement auprès de couturiers restés au pays, notamment pour les mariages et autres cérémonies. Bertille, une Burkinabè vivant en France, explique ainsi que l’absence d’une offre suffisamment visible à l’étranger l’oblige à passer par le Burkina Faso.

« On n'a pas forcément de stylistes burkinabè qui font la promotion de ces tenues. Donc on est obligé de passer par le Burkina pour pouvoir s'en procurer », témoigne-t-elle.

D’autres membres de la diaspora ont toutefois développé leurs propres circuits. Josée Caroline, Ivoirienne installée en France depuis sept ans, fait notamment réaliser ses vêtements en Côte d’Ivoire à partir de ses mensurations. Cette pratique reste cependant liée aux grandes occasions, tandis que son rapport quotidien à la mode africaine s’est progressivement transformé.

« En étant en France, pour avoir les vêtements africains, sinon des vêtements ivoiriens, la plupart du temps, on se les fait confectionner là-bas. Donc on prend nos mesures et on les envoie. C’est généralement pour des occasions spéciales, comme un mariage », explique-t-elle.

Cette évolution concerne également les matières privilégiées. Josée Caroline dit s’être éloignée du wax, longtemps considéré comme l’un des principaux marqueurs de la mode africaine. Elle recherche désormais davantage des textiles traditionnels et authentiques, signe d’une consommation qui ne se limite plus aux représentations les plus populaires de l’habillement africain.

« Ma vision de la mode africaine a aussi changé parce que je suis un peu moins tournée vers le fait de mettre du pagne wax », affirme-t-elle, estimant que « quand on dit mode africaine, la plupart du temps, c’est ça ». Elle dit désormais se tourner davantage vers « des tissus ou des pagnes tissés, mais authentiques ».

Les couturiers observent eux aussi cette mutation de la demande. À Abidjan, Angela, qui exerce depuis sept ans, constate que ses clientes installées en Europe recherchent de plus en plus des tissus locaux associés à des coupes contemporaines. Pour elle, la diaspora ne renonce donc pas à la mode africaine : elle la consomme autrement, en privilégiant parfois des créations plus sobres et moins directement associées au pagne.

« J’ai des clientes en Europe et ces clientes-là ne veulent pas forcément les habits en pagnes. Elles aiment les habits en tissu, les tissus comme le Kente, les Kokodunda, les Zadire du Nigeria », rapporte la couturière.

Derrière ces changements de goût se dessine un enjeu plus large pour l’industrie créative africaine. La demande existe dans la diaspora, mais l’offre reste confrontée à des difficultés de distribution, de visibilité et de coût. La distance entre les créateurs et leurs clients constitue encore un frein à la circulation régulière des productions. Selon un rapport de l’Unesco cité par DW, les exportations textiles africaines ont néanmoins atteint 15,5 milliards de dollars en 2023, témoignant du potentiel économique d’un secteur qui cherche encore à mieux connecter le continent à ses marchés extérieurs.

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