(AfriquesPlus) - À 101 ans, Christiane Yandé Diop s'est tenue devant la plaque qui rappelle l'œuvre de son mari. Vendredi 18 septembre 2026, l'Université Panthéon Sorbonne a dévoilé ce dispositif à la mémoire du premier congrès international des écrivains et artistes noirs, organisé en 1956 à l'initiative d'Alioune Diop, fondateur de Présence africaine. La rédaction d'Outre-mer La 1ère, qui rapporte l'événement dans un article publié le 19 septembre, précise que la plaque sera bientôt scellée au mur. « Un geste important », commente la présidente de l'université, Christine Neau-Leduc.
Il y a soixante-dix ans, l'amphithéâtre Descartes accueillait Aimé Césaire, Frantz Fanon et bien d'autres. Surnommée le « Bandung culturel », la rencontre a abordé la colonisation, le racisme et l'idée d'un monde noir parlant d'une seule voix. Ses discours ont marqué toute une génération, de Maryse Condé à Daniel Maximin, et l'affiche signée Pablo Picasso est restée dans les mémoires. Pour Aimé Césaire, la tribune de la Sorbonne devait permettre aux peuples noirs d'entrer sur la grande scène de l'Histoire.
L'hommage se prolonge par un colloque et une exposition de photographies, qui mêle des clichés du congrès et des œuvres d'artistes contemporains. Commissaire de l'exposition, Tamandra Gény, directrice du musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara, en Côte d'Ivoire, veut commémorer cet événement fondateur pour des pensées comme la négritude, « sans rester figé sur cette époque ».
Les jeunes créateurs sont présents dans les tables rondes sur la place des écrivains et artistes aujourd'hui. L'artiste martiniquaise Kay, en résidence à la Cité des arts à Paris, y observe que « les combats sont les mêmes » et qu'il manque encore de visibilité.