(AfriquesPlus) - Dans un éditorial publié le 7 août 2026 par The Point (Gambie), le journal alerte sur les conséquences particulièrement lourdes de la perte de biodiversité pour les populations africaines. L’article rappelle que la crise environnementale ne constitue pas seulement une question écologique : elle affecte directement l’alimentation, les revenus, l’accès à l’eau et les moyens de subsistance de millions de personnes.
L’Afrique abrite environ 25 % de la biodiversité mondiale, mais aurait déjà perdu près de 24 % de ses espèces depuis la période préindustrielle, selon une étude récente citée par The Point. Cette situation touche particulièrement les communautés rurales et côtières, fortement dépendantes des ressources naturelles pour leur alimentation et leurs activités économiques.
Le changement climatique est présenté comme l’un des principaux facteurs de cette dégradation. La hausse des températures, la pollution, les espèces invasives ainsi que la surexploitation des terres et des ressources en eau aggravent également la situation. Les populations africaines sont d’autant plus exposées que le continent dispose de moyens financiers limités pour protéger ses écosystèmes et s’adapter aux bouleversements climatiques.
L’éditorial souligne surtout le déséquilibre entre les ressources consacrées à la destruction de la nature et celles destinées à sa protection. Il s’appuie sur une alerte du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), selon laquelle les investissements et subventions nuisibles à la nature restent très largement supérieurs aux financements consacrés à sa préservation.
Selon The Point, les dépenses mondiales qui contribuent à détruire la nature seraient trente fois supérieures aux financements destinés à la protéger. Cette disproportion constitue l’un des principaux obstacles à une réponse efficace à la crise de la biodiversité.
L’article revient également sur les travaux menés à Nairobi dans le cadre des réunions des instances scientifiques et de mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique. Les discussions portent notamment sur la manière d’intégrer davantage la biodiversité dans les politiques publiques, de mobiliser les institutions financières et de trouver les ressources nécessaires pour réduire le déficit de financement.
Malgré l’ampleur du problème, l’éditorial relève une mobilisation internationale croissante. 125 pays ont transmis des rapports au PNUE sur leurs efforts pour lutter contre l’érosion de la biodiversité. Le journal rappelle également que la protection de la nature ne relève pas uniquement des gouvernements : plantation d’arbres, protection des insectes et réduction de l’utilisation de produits chimiques peuvent également contribuer à préserver les écosystèmes.
Les conclusions des discussions de Nairobi doivent alimenter les négociations qui se poursuivront lors de la COP17 sur la biodiversité, prévue à partir du 19 octobre à Erevan, en Arménie. Les États devront notamment examiner les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté lors de la COP15.
À travers cet éditorial, The Point insiste ainsi sur une contradiction majeure : l’Afrique figure parmi les régions les plus riches en biodiversité mais aussi parmi celles qui subissent fortement les conséquences de sa disparition, alors qu’elle dispose de moyens beaucoup plus limités pour financer sa protection. La crise de la biodiversité apparaît dès lors comme un enjeu à la fois écologique, économique et social pour le continent.