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Le Brief d’AfriquesPlus de ce jeudi 20 août 2026
Les tensions politiques et économiques au Nigeria, les difficultés économiques en Afrique du Sud, le bras de fer autour du Nil entre l’Égypte et l’Éthiopie, l’aggravation de l’épidémie d’Ebola en RDC, sont les principaux sujet dans presse africaine
 

L’actualité africaine de ce jeudi 20 août est dominée par les tensions politiques et économiques au Nigeria, les difficultés économiques en Afrique du Sud, le bras de fer autour du Nil entre l’Égypte et l’Éthiopie, ainsi que par l’aggravation spectaculaire de l’épidémie d’Ebola en RDC. Dans le Sahel, l’Alliance des États du Sahel poursuit parallèlement sa recherche de souveraineté économique, pendant que les enjeux sécuritaires et les relations avec la Russie restent au cœur des préoccupations.

 Afrique du Sud : économie sous surveillance et interrogations politiques

En Afrique du Sud, la presse économique s’intéresse ce jeudi à la publication des résultats d’Exxaro Resources, l’un des grands groupes miniers du pays. Le bénéfice semestriel du groupe a reculé de 20 %, ce qui l’a conduit à réduire son dividende. Cette contre-performance illustre les difficultés persistantes auxquelles est confronté le secteur minier sud-africain, malgré l’importance stratégique du charbon et des minerais pour l’économie nationale

Le rand sud-africain, lui, évolue sans grande variation face au dollar. Les investisseurs restent prudents après les annonces du Trésor américain concernant le marché obligataire. Cette attitude attentiste intervient alors que l’économie sud-africaine tente de consolider sa reprise et que les marchés scrutent les perspectives de taux d’intérêt

La question sociale reste également très présente. Dans le débat sud-africain, les violences faites aux femmes et les limites des politiques publiques d’émancipation continuent d’alimenter une importante controverse, dans le prolongement des débats suscités par la Journée nationale de la femme. Le Mail & Guardian souligne notamment l’écart persistant entre les acquis symboliques et la réalité vécue par de nombreuses Sud-Africaines

En Afrique du Sud, la journée est donc placée sous le signe d’une économie qui cherche à retrouver de la vigueur, mais aussi d’un débat social toujours marqué par les inégalités et les violences.

 Nigeria : la bataille électorale commence dans un climat économique difficile

Au Nigeria, la campagne en vue de la présidentielle de janvier 2027 s’installe progressivement dans le paysage politique. Le président Bola Tinubu entend briguer un second mandat, mais il devra défendre le bilan de réformes économiques qui ont amélioré certains indicateurs macroéconomiques tout en provoquant une forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

La presse internationale insiste sur un paradoxe : Tinubu bénéficie d’une position politique relativement favorable, mais son principal avantage provient aussi de la fragmentation de l’opposition. Selon l’Associated Press, plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Atiku Abubakar et Peter Obi, ne sont pas parvenues à construire une coalition suffisamment solide pour faire émerger un candidat commun

Le paysage politique est d’autant plus favorable au camp présidentiel que de nombreux gouverneurs ont rejoint l’All Progressives Congress (APC). L’APC contrôlerait désormais 31 des 36 États fédérés, renforçant considérablement la machine électorale de Tinubu. 

Mais derrière la politique se trouve une question beaucoup plus préoccupante : le coût des réformes économiques. L’inflation, le niveau de vie et l’insécurité figurent parmi les principales préoccupations des électeurs à l’ouverture de la campagne. 

L’enjeu énergétique reste par ailleurs considérable. Le projet d’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote, annoncé pour octobre, pourrait constituer l’une des opérations financières les plus importantes jamais réalisées sur les marchés africains, avec un objectif de levée pouvant atteindre 5 milliards de dollars

Le Nigeria entre ainsi dans une longue séquence électorale où économie, sécurité et bataille politique seront étroitement liées.

 Égypte : le blé, le Nil et la pression sur l’économie

En Égypte, deux préoccupations majeures se dégagent de l’actualité du jour : la sécurité alimentaire et les tensions avec l’Éthiopie autour du Nil.

Le pays est particulièrement exposé à la crise actuelle du marché mondial du blé. Les attaques contre les infrastructures céréalières de la mer Noire perturbent les exportations russes et ukrainiennes, alors que l’Égypte est le premier importateur mondial de blé. Au premier semestre 2026, plus de 82 % des importations égyptiennes de blé provenaient de Russie et d’Ukraine. Toute perturbation durable risque donc d’accroître les coûts d’approvisionnement du pays. 

Sur le front du Nil, Le Caire a renouvelé mercredi son opposition aux projets éthiopiens de construction de nouveaux barrages sur le fleuve. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a encore exprimé cette position dans un entretien télévisé. Il s’agit du troisième avertissement égyptien de ce type en seulement deux semaines. 

Le dossier du Nil reste donc l’un des grands contentieux géopolitiques du continent : derrière le différend sur les barrages se trouvent les préoccupations égyptiennes concernant la sécurité hydrique d’un pays dont l'immense majorité de la population dépend du bassin du Nil.

 Éthiopie : le dialogue national face aux tensions régionales

En Éthiopie, l’actualité du jour est notamment marquée par la poursuite du Dialogue national. Des représentants des partenaires internationaux du développement ont rencontré les responsables du processus afin d’évaluer ses avancées et les principaux défis encore à relever. 

Ce processus intervient dans un contexte politique toujours délicat, alors que le gouvernement fédéral cherche à stabiliser le pays après plusieurs années de conflits et de tensions régionales.

Mais l’Éthiopie se retrouve également au centre du débat régional sur l’eau. Les annonces de nouveaux projets de barrages sur le Nil ont provoqué une nouvelle réaction de l’Égypte, confirmant que la question du fleuve demeure un dossier diplomatique explosif entre Addis-Abeba et Le Caire. 

L’Éthiopie doit donc mener simultanément deux batailles : consolider sa stabilité intérieure et défendre ses ambitions de développement face aux inquiétudes de ses voisins.

 RDC : l’épidémie d’Ebola devient une urgence continentale

C’est sans doute l’un des dossiers sanitaires les plus alarmants de la journée.

En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola a dépassé les 5 000 cas confirmés, avec 2 378 décès, selon les données sanitaires citées par Reuters et l’Associated Press. Cette épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo, est devenue la plus importante jamais enregistrée en RDC en nombre de cas et fait craindre une propagation internationale. 

L’ampleur de la crise est aggravée par plusieurs facteurs : faiblesse des infrastructures sanitaires, conflits armés, déplacements de populations, méfiance envers les équipes médicales et difficultés dans le traçage des contacts.

L’AP souligne notamment que 60 à 70 % des nouveaux cas sont désormais détectés chez des personnes qui n’étaient pas identifiées auparavant comme contacts surveillés. Ce chiffre montre à quel point les mécanismes traditionnels de contrôle de l’épidémie sont mis à rude épreuve. 

L’épidémie s’étend par ailleurs à plusieurs provinces et a déjà franchi les frontières régionales, notamment vers l’Ouganda. L’OMS considère désormais le niveau de risque pour la RDC comme très élevé.

La RDC fait donc face à une crise sanitaire qui pourrait rapidement dépasser le cadre national si les moyens de riposte ne sont pas renforcés.

 AES : la souveraineté économique au cœur du projet sahélien

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger, la dynamique de souveraineté économique demeure au premier plan.

Une analyse publiée ce jeudi met notamment en avant le développement d’un système économique régional fondé sur l’or, ressource stratégique majeure des trois pays. Le projet s’inscrit dans la volonté affichée par les États de l’AES de mieux contrôler leurs ressources naturelles et de réduire leur dépendance vis-à-vis des partenaires occidentaux. 

Cette orientation avait déjà été illustrée la semaine dernière à Ouagadougou, où les ministres chargés de l’énergie, des mines, des carrières et du pétrole des trois pays avaient discuté d’une stratégie commune visant à faire des ressources naturelles un instrument d’industrialisation et de souveraineté. 

Le défi reste cependant immense. La sécurité demeure la principale faiblesse de cette stratégie : les groupes jihadistes continuent de mettre sous pression les territoires du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Sur le plan diplomatique, l’AES poursuit également son rapprochement avec la Russie, tout en prenant ses distances avec les structures régionales et internationales occidentales. Le retrait progressif du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cour pénale internationale illustre cette rupture avec certains mécanismes internationaux traditionnels. 

Le pari de l’AES est désormais clair : transformer la souveraineté politique acquise par les trois régimes militaires en souveraineté économique. Reste à savoir si cette stratégie pourra produire suffisamment de croissance, d’emplois et de sécurité pour convaincre les populations.

La Centrafrique frappée par un drame minier

En République centrafricaine, un autre drame attire l’attention : l’effondrement d’une mine d’or dans le centre du pays aurait fait plus d’une centaine de morts "South African rand flat as investors mull US Treasury move"

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