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Le Brief d’AfriquesPlus du mardi 15 septembre 2026
Ce mardi 15 septembre, plusieurs tendances se dessinent : les tensions diplomatiques entre grandes puissances africaines, l’urgence sanitaire en RDC, les risques sécuritaires persistants au Sahel et la vulnérabilité énergétique des économies du continent
 

(AfriquesPlus) - L’actualité africaine reste dominée ce mardi par les tensions diplomatiques entre le Nigeria et l’Afrique du Sud, la situation sanitaire toujours critique en RDC, les enjeux économiques au Nigeria et les conséquences des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur les économies africaines. Au Sahel, l’Alliance des États du Sahel poursuit son rapprochement stratégique avec la Russie, tandis que l’Éthiopie demeure sous surveillance en raison des tensions régionales.

 Afrique du Sud : la crise avec le Nigeria s’envenime

Les relations entre Afrique du Sud et Nigeria connaissent une nouvelle période de tension. Le Parlement nigérian a décidé de suspendre sine die ses visites officielles et sa participation aux activités parlementaires en Afrique du Sud, en réaction aux violences visant des migrants africains, notamment des Nigérians. 

Cette décision intervient après la mort de deux ressortissants nigérians au début du mois. Selon les autorités nigérianes, l’un d’eux est décédé après avoir été interrogé par la police sud-africaine au Cap, tandis que le second a été tué à son domicile à Johannesburg. 

Abuja affirme que 98 Nigérians ont été tués depuis 2022 dans des incidents liés à des violences de foule, à la xénophobie ou à des interventions extrajudiciaires. En 2026, près de 1 700 Nigérians auraient déjà quitté volontairement l’Afrique du Sud. 

Parallèlement, l’économie sud-africaine reste exposée aux soubresauts internationaux. Le rand a perdu plus de 1 % lundi, sous l’effet notamment de la forte remontée des cours du pétrole et de l’incertitude entourant la prochaine décision de la Réserve fédérale américaine. 

Un autre sujet préoccupe les autorités : l’essor rapide des centres de données. L’Afrique du Sud concentre environ 70 % de la capacité africaine des data centers, mais des organisations de défense des droits et de l’environnement demandent davantage de transparence sur leur consommation d’eau et d’électricité

 Nigeria : Dangote prépare une opération historique

Au Nigeria, l’actualité économique reste largement dominée par Dangote Industries. Le groupe d’Aliko Dangote prépare l’introduction en Bourse de sa gigantesque raffinerie de Lagos, une opération qui pourrait atteindre 1,6 milliard de dollars et constituer la plus importante cotation de l’histoire des marchés africains. 

Le projet doit permettre de financer notamment l’augmentation des capacités de la raffinerie et de soutenir les ambitions énergétiques du groupe sur le continent.

Dans le même temps, le président Bola Tinubu a salué le projet d’investissement de 1 milliard de dollars annoncé par Coca-Cola au Nigeria. Le chef de l’État souhaite que ces capitaux contribuent davantage à la production locale, à l’emploi, au transfert de technologies et au développement des fournisseurs nigérians. 

 Éthiopie : les tensions régionales restent sous surveillance

En Éthiopie, les tensions avec l’Érythrée continuent de susciter des inquiétudes. Addis-Abeba a récemment accusé Asmara de soutenir des groupes armés dans la région du Tigré, accusations rejetées par les autorités érythréennes, qui les qualifient de « fausses et fabriquées ». 

Cette dégradation des relations intervient sur fond de tensions autour de l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge. Les déclarations répétées du gouvernement d’Abiy Ahmed sur le droit du pays, enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée, à disposer d’un accès maritime nourrissent les inquiétudes à Asmara. 

La situation éthiopienne est également liée à la guerre au Soudan. Une enquête de Reuters publiée en février avait révélé l’existence d’un camp secret en Éthiopie destiné à l’entraînement de combattants liés aux Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises, une implication que les autorités concernées n’ont pas reconnue

 Égypte : la flambée du pétrole accentue les risques économiques

En Égypte, les conséquences de la crise au Moyen-Orient constituent un risque supplémentaire pour une économie déjà fragilisée.

La nouvelle envolée des cours du pétrole, provoquée par les attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et les perturbations du trafic dans le Golfe, pourrait exercer une pression supplémentaire sur les importations et les finances publiques égyptiennes. Le Brent dépassait mardi 107 dollars le baril. 

Le risque est particulièrement important pour l’Égypte en raison du rôle stratégique du canal de Suez dans le commerce mondial et de sa forte exposition aux coûts de l’énergie et du transport.

 RDC : l’épidémie d’Ebola montre enfin des signes de ralentissement

En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola pourrait avoir atteint son pic. Les autorités sanitaires annoncent une baisse du nombre quotidien de nouveaux cas, passé d’environ 120 à près de 80. Plusieurs zones de santé n’auraient enregistré aucun nouveau cas depuis plusieurs semaines. 

Mais la prudence reste de mise. Selon les données communiquées le 14 septembre, l’épidémie a dépassé 7 200 cas et 3 400 décès, après s’être étendue à plusieurs provinces. L’Organisation mondiale de la santé continue de souligner les difficultés liées au manque de personnel spécialisé, de partenaires opérationnels et de financements. 

Cette crise sanitaire intervient dans un pays déjà profondément déstabilisé par les violences dans l’est.

À Bukavu, plusieurs centaines de personnes ont participé lundi aux funérailles des élèves morts dans l’incendie qui a ravagé deux écoles le 10 septembre. Le bilan communiqué par l’Associated Press fait état de 27 élèves décédés. 

 AES : le rapprochement avec Moscou se poursuit

Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel — Burkina Faso, Mali et Niger — le rapprochement avec la Russie demeure l’un des principaux axes de la politique extérieure.

Les trois pays ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération militaire avec Moscou, alors que les groupes jihadistes continuent de représenter une menace majeure dans le Sahel. 

Le Niger reste particulièrement sous surveillance après la mutinerie survenue à Niamey le 29 août, lorsque des soldats avaient attaqué l’aéroport et le secteur du palais présidentiel. Les autorités avaient ensuite annoncé avoir repris le contrôle de la base aérienne. 

Sur le plan institutionnel, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont également engagé un processus d’un an pour quitter la Cour pénale internationale, confirmant leur volonté de poursuivre une trajectoire politique distincte de celle des organisations occidentales et régionales traditionnelles. 

 Le continent face aux nouvelles tensions énergétiques

La flambée du pétrole constitue désormais un facteur transversal pour plusieurs économies africaines. Le Brent évoluait mardi autour de 107,55 dollars, après de nouvelles attaques contre des infrastructures saoudiennes. La situation est particulièrement préoccupante pour les pays fortement dépendants des importations de carburants. 

Elle pourrait en revanche profiter à court terme aux grands producteurs africains de pétrole, notamment le Nigeria et l’Angola, à condition que leurs infrastructures et leurs capacités d’exportation permettent de tirer pleinement parti de la hausse des cours.

 Sénégal : Bassirou Diomaye Faye à Washington

Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye poursuit sa visite de travail aux États-Unis. Il doit notamment rencontrer ce mardi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, pour discuter de la situation économique du pays et du programme de réformes. 

Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, doit également échanger avec lui sur le dossier de la dette sénégalaise. Dakar souhaite recourir au cadre commun du G20 afin de réaménager une partie de sa dette, alors que le pays fait face à d’importants arriérés. 

La question financière demeure donc au cœur des discussions internationales du Sénégal, parallèlement aux efforts engagés pour restaurer la crédibilité des comptes publics.

Le regard d’AfriquesPlus

Ce mardi 15 septembre, plusieurs tendances se dessinent : les tensions diplomatiques entre grandes puissances africaines, l’urgence sanitaire en RDC, les risques sécuritaires persistants au Sahel et la vulnérabilité énergétique des économies du continent.

Mais l’Afrique avance aussi sur le terrain économique, comme le montrent les ambitions industrielles du Nigeria et les investissements dans les télécommunications et les infrastructures numériques. Le véritable enjeu sera désormais de transformer ces investissements en emplois, en production locale et en souveraineté économique, tout en évitant que les crises sécuritaires et géopolitiques ne viennent freiner cette dynamique.

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