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Le Brief d’AfriquesPlus du mardi 22 septembre 2026
De Johannesburg à Abuja, d’Addis-Abeba à Kinshasa et de Bamako au Caire, les journaux et agences de presse consacrent ce mardi 22 septembre à la sécurité, les tensions politiques et les crises humanitaires
 

(AfriquesPlus) - De Johannesburg à Abuja, d’Addis-Abeba à Kinshasa et de Bamako au Caire, les journaux et agences de presse consacrent ce mardi 22 septembre à plusieurs foyers de tension majeurs. L’Afrique du Sud reste marquée par la série de meurtres de femmes dans la région de Johannesburg ; le Nigeria fait face à une double crise sécuritaire et à de nouvelles révélations sur la mort de détenus ; l’Éthiopie voit se former une coalition de sept groupes armés contre le pouvoir fédéral ; en RDC, les accusations visant le M23 s’ajoutent à la crise sanitaire liée à Ebola. Dans l’espace AES, le Mali célèbre son indépendance sous forte pression sécuritaire, tandis que l’Égypte maintient la question du Nil parmi ses priorités diplomatiques.

 Afrique du Sud : les féminicides continuent de bouleverser le pays

La presse sud-africaine et internationale revient largement ce mardi sur la mort d’Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, une coureuse de 38 ans dont le corps avait été retrouvé après sa disparition lors d’une sortie de course à Johannesburg.

Le Guardian souligne que cette affaire s’inscrit dans une série de neuf femmes retrouvées mortes dans la municipalité d’Ekurhuleni depuis le 15 juillet. Des membres de son club de course lui ont rendu hommage lors d’une course organisée à Johannesburg, tandis que proches et militants réclament une réponse plus forte face aux violences faites aux femmes. 

Le dossier avait déjà connu un développement judiciaire avec l’arrestation de trois suspects dans l’une des affaires. Les autorités sud-africaines ont toutefois précisé qu’aucun lien n’était établi à ce stade entre ces arrestations et les autres décès.

Sur le plan économique, Reuters signale également ce mardi une évolution prudente du rand sud-africain. Les investisseurs attendent notamment les prochains chiffres de l’inflation ainsi que la décision de la Banque centrale sud-africaine sur les taux d’intérêt. Les marchés restent aussi attentifs aux développements géopolitiques internationaux. 

 Nigeria : kidnappings massifs et morts en détention

Le Nigeria constitue l’un des principaux dossiers de la presse africaine du jour.

Des centaines de personnes toujours retenues en otage

Dans l’État de Niger, au centre-ouest du pays, des habitants ont manifesté pour réclamer la libération de plusieurs centaines de personnes enlevées le 21 août.

Selon Reuters, les habitants des communautés de Borgu estiment qu'environ 600 à 700 personnes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, pourraient toujours être entre les mains des ravisseurs. Le chiffre de 700 n’a cependant pas pu être vérifié indépendamment.

Les habitants dénoncent l’absence de résultats visibles malgré l’ordre donné par le président Bola Tinubu de lancer une opération de secours. Les enlèvements ont également fortement perturbé la vie économique et sociale locale, avec notamment la fermeture de commerces.

Les révélations sur les 37 détenus morts

Autre affaire qui continue de faire la une : la mort d’au moins 37 personnes détenues à Minna, dans le même État de Niger, après une opération contre l’exploitation aurifère illégale.

Dans une enquête publiée ce mardi, Reuters rapporte les témoignages de survivants affirmant que des gardiens auraient pulvérisé une substance non identifiée dans une cellule surpeuplée avant de maintenir les portes fermées. Plusieurs détenus auraient ensuite éprouvé des difficultés respiratoires et des troubles avant de mourir. 

Ces témoignages restent des allégations et la cause exacte des décès n’est pas encore établie. Le gouvernement nigérian a ordonné une enquête et suspendu plusieurs responsables du Nigeria Security and Civil Defence Corps.

L’actualité nigériane est aussi marquée par un dossier sanitaire : l’AP consacre ce mardi un reportage à la maladie du noma, particulièrement présente dans les zones pauvres du nord du pays. Des opérations chirurgicales gratuites sont menées auprès d’enfants victimes de cette maladie gravement mutilante. 

 Éthiopie : une coalition de sept groupes armés contre Abiy Ahmed

C’est l’un des faits politiques majeurs du continent.

Sept mouvements armés et d’opposition éthiopiens ont annoncé la formation de l’Ethiopian Peoples’ Forces Alliance for Survival, une coalition qui affirme vouloir mettre fin au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

L’alliance rassemble notamment le TPLF, le Fano National Movement, l’Oromo Liberation Army, ainsi que des mouvements issus de l’Afar, du Benishangul-Gumuz, du Gambella et d’autres régions. 

La portée de ce rapprochement est particulièrement suivie parce que certains de ces mouvements ont été adversaires durant la guerre du Tigré de 2020 à 2022. Les membres de la coalition accusent le pouvoir fédéral de centraliser excessivement le pouvoir et de marginaliser certaines régions.

Reuters rapporte que le gouvernement éthiopien a accusé la coalition de bénéficier d'un soutien de l’Érythrée, ce que cette dernière dément. Les analystes cités par Reuters soulignent par ailleurs les importantes divergences territoriales et politiques entre les groupes, susceptibles de compliquer leur coopération. 

À cette tension politique s’ajoute une nouvelle flambée de violence dans l’ouest du pays. Selon l’AFP, au moins 12 personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors de violences dans la région de Gambella, près de la frontière avec le Soudan du Sud. Médecins sans frontières indique avoir reçu 88 blessés après les violences du 18 septembre, sans pouvoir déterminer précisément les responsabilités

 Égypte : Le Caire maintient la pression sur le dossier du Nil

En Égypte, la question de la sécurité hydrique du Nil reste au premier plan.

Le ministre égyptien de l’Irrigation, Hani Sewilam, a affirmé que son pays conservait toutes les options prévues par le droit international pour défendre ses intérêts hydriques et qu’il n’accepterait pas un nouveau « fait accompli » concernant le Nil oriental. 

Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes avec l’Éthiopie autour du Grand barrage de la Renaissance (GERD).

La diplomatie égyptienne est également active à New York à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty multiplie les contacts avec ses homologues étrangers autour des crises régionales et de la coopération économique. 

Le Caire continue notamment de suivre de près les dossiers de Gaza, du Soudan, de la Somalie et de la sécurité du bassin du Nil.

 RDC : nouvelles accusations contre le M23

En République démocratique du Congo, la situation sécuritaire dans l’Est reste au cœur de l’actualité.

Associated Press rapporte ce mardi qu’Amnesty International accuse le M23 d’abus susceptibles de constituer des crimes de guerre dans des zones minières du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon l’organisation, des mineurs auraient été victimes de torture, de travail forcé et d’exécutions extrajudiciaires dans des zones contrôlées par le mouvement. Amnesty affirme avoir documenté notamment 18 morts de travailleurs miniers entre janvier 2025 et mars 2026 dans les sites de Rubaya et Lomera. 

Ces accusations doivent être attribuées à Amnesty International : elles ne constituent pas, à ce stade, des condamnations judiciaires définitives. Le M23 et le gouvernement rwandais n’avaient pas répondu aux accusations dans le reportage de l’AP.

La crise sécuritaire se double d’une grave crise sanitaire. L’épidémie d’Ebola continue de peser sur l’est du pays, alors que les autorités et les partenaires internationaux poursuivent les opérations de vaccination et de surveillance.

AES : le Mali célèbre son indépendance dans un contexte sécuritaire tendu

Mali : une fête nationale sous pression

Le Mali célèbre ce 22 septembre son 66e anniversaire d’indépendance.

Mais cette journée nationale intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. La presse revient notamment sur l’attaque du 10 septembre contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du pays, attribuée au JNIM, groupe lié à Al-Qaïda.

Reuters rapportait que deux sources estimaient à plus de 100 le nombre de soldats maliens tués lors de cette attaque. Ces chiffres n’ont toutefois pas été confirmés officiellement de manière indépendante. 

Al-Jazeera souligne de son côté que la crise sécuritaire affecte également les routes d’approvisionnement vers Bamako et que les groupes armés cherchent à accroître leur capacité d’action dans plusieurs régions du pays. 

L’AES face à des contraintes économiques et sécuritaires

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger continuent parallèlement de renforcer leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Mais les difficultés d’approvisionnement constituent un autre enjeu. Reuters rapportait récemment que le distributeur public ghanéen BOST avait réduit ses exportations de carburant vers le Burkina Faso et le Mali afin de privilégier le marché intérieur ghanéen. Les deux pays sahéliens dépendent fortement des importations de carburants provenant des pays côtiers. 

Pour le Niger, l’un des développements récents suivis par la presse reste la mutinerie militaire de fin août, qui avait été contenue avec l’intervention des forces loyales et l’appui de l’Africa Corps russe. 

Ce que retient la presse africaine ce mardi

L’actualité continentale du 22 septembre 2026 fait apparaître plusieurs lignes de tension :

Afrique du Sud : la série de meurtres de femmes à Ekurhuleni continue de provoquer émotion et mobilisation, tandis que l’économie reste sous surveillance. 

Nigeria : la question sécuritaire se complique avec les enlèvements de masse, tandis que l’affaire des 37 détenus morts à Minna suscite de nouvelles interrogations. 

Éthiopie : sept mouvements armés annoncent une coalition contre le gouvernement fédéral, sur fond de nouvelles violences régionales

Égypte : le dossier du Nil demeure une priorité stratégique du Caire, parallèlement à son activité diplomatique à New York. 

RDC : les accusations d’Amnesty contre le M23 ajoutent un nouveau volet aux tensions dans l’Est, sur fond de crise Ebola

AES  le Mali est au centre de l’actualité avec sa fête nationale, alors que les violences jihadistes et les difficultés d’approvisionnement continuent de peser sur la région. 

En somme, la presse africaine de ce mardi met surtout en évidence un continent confronté simultanément à des crises sécuritaires, sanitaires, économiques et politiques. De Johannesburg à Kinshasa, d’Abuja à Addis-Abeba et de Bamako au Caire, la question de la capacité des États à reprendre le contrôle des territoires, protéger les populations et préserver leur stabilité reste au centre des préoccupations.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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