De Pretoria à Abuja, de Kinshasa au Sahel, l’actualité africaine de ce mercredi 19 août est dominée par les préoccupations économiques, sécuritaires et sanitaires. L’Afrique du Sud bénéficie d’un net ralentissement de l’inflation, tandis que le Nigeria entre dans une nouvelle séquence politique avec l’ouverture de la campagne présidentielle. En RDC, l’épidémie d’Ebola franchit un nouveau seuil alarmant, alors que l’Éthiopie et l’Égypte restent au cœur des enjeux régionaux.
Afrique du Sud : l’inflation ralentit, un bol d’air pour l’économie
En Afrique du Sud, c’est la situation économique qui retient particulièrement l’attention de la presse ce mercredi. Reuters rapporte que l’inflation annuelle est tombée à 4,3 % en juillet, contre 5 % en juin, un ralentissement plus marqué que prévu par les économistes, qui tablaient sur 4,5 %. La baisse des coûts du transport, notamment grâce au recul des prix des carburants, explique en partie cette évolution.
Ce chiffre constitue une bonne nouvelle pour la Banque centrale sud-africaine et pour les ménages, même si le coût de la vie demeure une préoccupation majeure. La détente des prix pourrait en effet donner davantage de marge à la politique monétaire, alors que l’économie sud-africaine reste confrontée à une croissance insuffisante, au chômage et aux difficultés structurelles de plusieurs secteurs.
L’autre dossier sud-africain qui continue de peser dans l’actualité continentale est celui des migrations africaines. Le pays demeure confronté aux tensions provoquées par les mouvements anti-immigration et par le départ de nombreux ressortissants africains. L’Associated Press indiquait récemment que plus de 178 000 migrants africains avaient quitté l’Afrique du Sud ces derniers mois, sur fond de durcissement des contrôles et de violences contre les migrants.
La question migratoire dépasse désormais les frontières sud-africaines et pourrait continuer à alimenter les débats au sein de l’Union africaine et de la SADC.
Nigeria : Tinubu entre en campagne dans un climat de mécontentement social
Au Nigeria, la campagne pour la présidentielle de 2027 entre dans une phase décisive. Reuters et l’Associated Press consacrent ce mercredi une large place à la bataille politique qui s’ouvre autour du président Bola Tinubu. Le chef de l’État brigue un nouveau mandat alors que son parti, l’APC, dispose d’un avantage politique considérable mais doit affronter une forte impopularité liée au coût de la vie et à l’insécurité.
La principale difficulté pour Tinubu réside dans le décalage entre les indicateurs macroéconomiques et le quotidien des Nigérians. Les réformes engagées depuis son arrivée au pouvoir — notamment la suppression de la subvention aux carburants et la dévaluation du naira — ont été saluées par certains investisseurs, mais elles ont aussi provoqué une forte hausse du coût de la vie.
Selon Reuters, près de 80 % des Nigérians estiment aujourd’hui que le pays va dans la mauvaise direction, principalement en raison de la cherté de la vie et des problèmes de sécurité.
Face au président sortant, l’opposition reste toutefois profondément divisée. Atiku Abubakar et Peter Obi figurent parmi les principaux adversaires, mais les tentatives de constitution d’une plateforme commune n’ont pas abouti. L’APC bénéficie ainsi d’un avantage politique important : 31 des 36 gouverneurs du pays appartiennent désormais au parti présidentiel, selon l’AP.
La présidentielle nigériane s’annonce donc comme un duel entre le bilan économique et politique de Tinubu et une opposition qui devra surmonter ses divisions pour transformer le mécontentement populaire en véritable alternative électorale.
Éthiopie : une situation toujours fragile entre crise humanitaire et tensions régionales
En Éthiopie, l’actualité du jour est moins dominée par un événement unique que par la persistance de plusieurs foyers de tension. Le pays reste confronté aux conséquences des conflits récents, notamment dans le Tigré, en Amhara et en Oromia.
La situation humanitaire demeure préoccupante. Les informations disponibles dans les flux du jour font notamment état de besoins importants dans le Tigré, tandis que des organisations humanitaires continuent de renforcer leurs opérations dans certaines zones d’Oromia. Le portail éthiopien Addis Standard signale notamment un renforcement de la réponse sanitaire de Médecins sans frontières dans le Wollega, en Oromia.
Sur le plan international, un dossier concernant les ressortissants éthiopiens aux États-Unis attire également l’attention : un juge fédéral américain a autorisé l’administration Trump à mettre fin aux protections temporaires accordées à plus de 5 000 Éthiopiens vivant et travaillant aux États-Unis.
Cette décision intervient alors que le pays tente de consolider sa situation économique. Addis-Abeba a récemment obtenu un accord préliminaire avec ses créanciers pour restructurer une partie de sa dette internationale, dans le cadre d’un processus qui demeure crucial pour la stabilité financière du pays.
L’Éthiopie reste par ailleurs étroitement surveillée en raison de ses relations tendues avec l’Érythrée et de la question stratégique de l’accès à la mer Rouge.
Égypte : économie sous pression et rôle régional renforcé
En Égypte, les préoccupations économiques restent au premier plan. Les dernières données publiées par Reuters montrent que l’inflation urbaine annuelle a atteint 14,9 % en juillet, contre 14,3 % en juin. L’inflation nationale s’est établie à 13 %.
Cette remontée des prix intervient dans un contexte de réformes économiques difficiles, marqué par la réduction progressive des subventions et la nécessité pour Le Caire de stabiliser ses finances publiques.
L’Égypte cherche parallèlement à accélérer les réformes structurelles et les privatisations. Le gouvernement prévoit notamment l’introduction en Bourse de plusieurs entreprises publiques, alors que le pays tente d’attirer davantage de capitaux privés.
Sur le plan géopolitique, Le Caire demeure un acteur incontournable des crises du Moyen-Orient, notamment dans les négociations concernant Gaza. Cette position renforce encore le poids diplomatique de l’Égypte sur le continent africain et dans le monde arabe.
Le pays continue également d’affirmer son influence dans les dossiers liés à la sécurité de la mer Rouge et aux relations avec l’Éthiopie, notamment autour de la question du Nil.
RDC : l’épidémie d’Ebola franchit le seuil des 5 000 cas
En République démocratique du Congo, l’un des sujets les plus inquiétants de cette journée concerne l’évolution de l’épidémie d’Ebola.
Selon les données gouvernementales rapportées par Reuters ce mercredi, le nombre de cas confirmés a désormais dépassé les 5 000. Les autorités sanitaires reconnaissent que les efforts de riposte peinent à contenir la progression de l’épidémie.
L’Associated Press souligne de son côté que l’épidémie est devenue la plus meurtrière de l’histoire de la RDC. Le foyer concerne particulièrement l’est du pays, où l’action des services de santé est compliquée par l’insécurité, les déplacements de populations, les difficultés logistiques et les attaques visant les infrastructures sanitaires.
La crise sanitaire se superpose donc à la crise sécuritaire. Dans plusieurs zones de l’est congolais, les mouvements de population rendent le suivi des contacts extrêmement difficile.
La RDC fait ainsi face à un double défi : empêcher l’extension de l’épidémie tout en maintenant les capacités sanitaires dans des régions fragilisées par les conflits armés.
AES : le Sahel reste sous haute pression sécuritaire
Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger —, la situation sécuritaire reste l’un des principaux points de vigilance de l’actualité africaine.
La tendance de fond demeure celle d’une montée en puissance des groupes jihadistes et d’une recomposition des alliances militaires. Les trois pays ont renforcé leur coopération militaire et leur rapprochement avec la Russie, tout en poursuivant leur rupture avec plusieurs partenaires occidentaux traditionnels.
La menace jihadiste reste particulièrement forte au Mali, au Burkina Faso et au Niger, avec une capacité croissante des groupes armés à agir au-delà des zones rurales.
Les informations récentes montrent également que le Mali reste confronté simultanément à la menace jihadiste et à la rébellion séparatiste touarègue dans le Nord. L’AP avait notamment rapporté la libération de 82 soldats maliens détenus par des séparatistes, certains depuis plusieurs années.
L’évolution de la situation au Mali est particulièrement importante pour l’ensemble de la bande sahélienne, puisque les groupes armés circulent et coopèrent de plus en plus à travers les frontières.
Autre élément révélateur de la nouvelle géopolitique régionale : Mali, Burkina Faso et Niger ont engagé leur retrait de la Cour pénale internationale, une décision qui illustre leur volonté de s’affranchir davantage des institutions internationales qu’ils considèrent comme liées à l’ancien ordre politique
Une Afrique confrontée à trois urgences
À la lecture des principaux médias internationaux ce mercredi — Reuters, Associated Press, AFP, BBC, Le Monde, New York Times, Washington Post, El País, Libération, Jeune Afrique et les médias africains spécialisé — trois grandes tendances se dégagent.
Premièrement, l’économie reste au cœur des préoccupations. En Afrique du Sud, le ralentissement de l’inflation offre une respiration bienvenue. Au Nigeria et en Égypte, en revanche, le coût de la vie continue de peser lourdement sur les populations.
Deuxièmement, la question sécuritaire demeure centrale. Du Nigeria au Sahel, en passant par l’est de la RDC, les États africains sont confrontés à des groupes armés capables de déstabiliser durablement des territoires entiers.
Troisièmement, les crises sanitaires et humanitaires restent extrêmement préoccupantes. La situation en RDC, avec une épidémie d’Ebola qui dépasse désormais les 5 000 cas, rappelle la fragilité des systèmes de santé dans les zones affectées par les conflits.