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L’Égypte garde le frein monétaire serré
La banque centrale a une nouvelle fois opté pour le statu quo, malgré les nouveaux financements obtenus auprès du FMI et de l’Union européenne
 

(AfriquePlus) - La Banque centrale d’Égypte a laissé ses taux directeurs inchangés pour la quatrième réunion consécutive, privilégiant la prudence alors que l’inflation repart à la hausse et que la guerre en Iran entretient l’incertitude régionale. La décision a été annoncée jeudi, selon Bloomberg, via un article signé Mirette Magdy et Sherif Tarek, publié le 20 août 2026.

Le comité de politique monétaire a maintenu le taux de dépôt de référence à 19% et le taux de prêt à 20%, a précisé l’institution dans un communiqué rapporté par Bloomberg. Les six économistes interrogés par l’agence anticipaient ce statu quo.

L’Égypte avait interrompu un cycle d’assouplissement monétaire engagé depuis près d’un an après le lancement, fin février, de la guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Le conflit a accentué les pressions sur la monnaie égyptienne ainsi que sur la facture des importations de carburant.

Le pays le plus peuplé du Moyen-Orient a, pour l’essentiel, évité une flambée inflationniste durant le conflit. Après une accélération en mars, l’inflation annuelle a ralenti entre avril et juin, avant de repartir à la hausse en juillet.

La progression annuelle des prix à la consommation a atteint 14,9% en juillet, un niveau inférieur à certaines prévisions d’économistes. Sur un mois, l’indice est resté inchangé, selon l’article.

La banque centrale vise une inflation de 7%, avec une marge de plus ou moins deux points, au second semestre 2027. Mais l’échec d’une initiative de paix en juin et le projet annoncé par Donald Trump de mener une « guerre économique » contre l’Iran poussent les autorités à anticiper de nouvelles turbulences au Moyen-Orient.

Les économistes de Goldman Sachs et d’Abu Dhabi Commercial Bank (ADCB) interrogés par Bloomberg s’attendent à ce que la banque centrale conserve ses taux actuels jusqu’à la fin de l’année. Une reprise des baisses de taux pourrait intervenir au premier trimestre 2027.

Avant la décision, Monica Malik, économiste en chef chez ADCB, estimait que les responsables monétaires attendraient davantage de garanties sur la trajectoire durable de l’inflation vers l’objectif fixé et sur la solidité des conditions de financement extérieur.

Cette prudence monétaire intervient alors que Le Caire a obtenu de nouveaux financements extérieurs. Le Fonds monétaire international a approuvé le mois dernier environ 1,8 milliard de dollars après l’avant-dernière revue du programme élargi de 8 milliards de dollars conclu avec l’Égypte, indique Bloomberg.

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