(AfriquesPlus) - Plus de 3 500 morts en RDC depuis janvier, et le pire reste à craindre. Dans Foreign Affairs, le 18 septembre, Stephane Psaki, ancien coordinateur américain pour la sécurité sanitaire mondiale, estime que la difficulté à contenir ce virus connu annonce des crises biologiques bien plus complexes.
Si le monde peine à venir à bout d'Ebola, que fera-t-il face à un pathogène inconnu ? La question est au cœur de l'analyse publiée le 18 septembre 2026 par Stephane Psaki dans Foreign Affairs. Senior Fellow au Council on Foreign Relations, il a été coordinateur américain pour la sécurité sanitaire mondiale au Conseil de sécurité nationale de 2023 à 2025.
Son constat de départ est l'épidémie qui frappe la République démocratique du Congo. Elle a fait plus de 3 500 morts depuis le début de l'année, ce qui en fait la plus meurtrière et la plus rapide qu'ait connues le pays. Le virus circulait selon lui depuis au moins huit mois quand il a été confirmé, à la mi-mai. La souche Bundibugyo, rare, échappait aux tests disponibles localement. Le taux de létalité approche 50 %, et l'auteur estime que les chiffres officiels sous-estiment la réalité.
M. Psaki y voit le signe d'un système qui recule, alors que les menaces progressent. Il relève que 12 flambées d'Ebola ou de Marburg ont été enregistrées durant les quatre années de l'administration Biden, contre cinq lors des quatre précédentes, et que l'administration Trump en a déjà affronté cinq en moins de deux ans. Le nombre de laboratoires manipulant des agents à haut risque augmente, et l'intelligence artificielle facilite la conception de nouveaux virus. Il cite un article récent de la revue Science, qui a confirmé la première synthèse réussie d'un génome viral complet grâce à l'IA, et un rapport d'Anthropic faisant état de cinq usages de son logiciel Claude pouvant soutenir le développement d'armes biologiques.
Face à ces risques, l'auteur juge le dispositif actuel trop dépendant de Washington et de réponses improvisées. Il critique les coupes américaines dans la veille sanitaire et le retrait de l'OMS, tout en notant que les États-Unis ont depuis engagé plus de 500 millions de dollars contre l'épidémie. La Maison-Blanche affirme, elle, que ses décisions n'ont pas affaibli la détection.
Pour préparer la suite, M. Psaki réclame un système national capable de repérer rapidement des menaces connues comme inconnues, un financement des vaccins avant la crise et une répartition plus claire des rôles entre États, organismes régionaux et OMS. Il chiffre à environ 10,5 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale et l'OMS, le coût d'un dispositif mondial complet, contre 14 000 milliards de dollars pour la pandémie de Covid-19 aux seuls États-Unis.