(AfriquesPlus) - Dix personnes condamnées pour des faits liés au terrorisme ont été exécutées par fusillade dans une prison militaire de l’est de la Libye, dans une affaire qui ravive les inquiétudes sur le recours aux tribunaux militaires et les garanties d’un procès équitable.
Dix condamnés ont été exécutés à la prison militaire de Garnada, près de Shahat, dans l’est de la Libye, a annoncé dimanche le parquet militaire relevant des autorités alliées au général Khalifa Haftar. L’information a été rapportée mardi 25 août 2026 par l’Agence de presse africaine (APAnews).
Selon le parquet militaire, les personnes exécutées avaient été reconnues coupables, au terme de plusieurs années de procédures judiciaires, d’infractions liées notamment à l’appartenance à des organisations interdites et à des attaques visant des militaires et des civils.
L’institution assure que les peines capitales ont été prononcées par la Cour suprême militaire après épuisement des voies de recours et que les condamnés avaient bénéficié d’une défense. Elle n’a toutefois pas rendu publics la date exacte des exécutions, l’identité des personnes concernées ni les comptes rendus détaillés de leurs procès, souligne APAnews.
Cette absence d’informations alimente les critiques des défenseurs des droits humains. Des sources locales affirment notamment que certaines personnes exécutées, originaires de Derna, auraient été poursuivies en raison de leurs affiliations politiques ou de leur opposition aux autorités de l’Est.
Les critiques portent également sur le recours aux juridictions militaires. Des défenseurs des droits humains dénoncent des procédures conduites à huis clos et estiment que les personnes jugées n’ont pas bénéficié des garanties fondamentales d’un procès équitable.
La prison de Garnada fait partie du dispositif militaire et sécuritaire placé sous l’autorité de Khalifa Haftar et de sa famille. En mai dernier, les autorités de l’Est avaient annoncé la libération de 250 détenus de cet établissement, sur instruction du général Haftar et sous la supervision de son fils, Saddam Haftar.
Ces exécutions interviennent dans un contexte libyen marqué par la persistance de profondes divisions institutionnelles entre l’Est et l’Ouest du pays. Le contrôle des lieux de détention et des juridictions militaires par les forces armées de l’Est nourrit depuis plusieurs années les préoccupations relatives à l’indépendance de la justice et au respect des droits fondamentaux.
APAnews souligne enfin qu’aucune organisation indépendante n’avait, au moment de sa publication, établi une liste vérifiée des personnes exécutées ni procédé à un examen détaillé des dossiers judiciaires concernés.