(AfriquesPlus) - L’Union africaine dispose de nombreux mécanismes pour prévenir les conflits et restaurer la paix, mais peine encore à transformer ses décisions en résultats sur le terrain. C’est le constat dressé par le PSC Report dans une analyse publiée le 26 août 2026 par l’Institute for Security Studies (ISS Africa), à quelques jours du sommet extraordinaire de l’UA prévu les 29 et 30 août à Luanda, en Angola.
La rencontre, placée sous l’égide du président angolais João Lourenço, doit porter sur le renforcement des dispositifs africains de prévention et de résolution des conflits. Pour l’ISS, cette réunion intervient dans un contexte marqué par la persistance des guerres, la progression des groupes armés, les coups d’État et l’affaiblissement des mécanismes africains de médiation et de maintien de la paix.
Depuis 2004, l’UA a organisé 18 sommets extraordinaires, dont neuf consacrés aux questions de paix, de sécurité et de gouvernance. Ces rendez-vous ont donné naissance à plusieurs engagements importants : politique commune de défense et de sécurité, Déclaration de Tripoli, Charte de Lomé sur la sécurité maritime ou encore initiative « Faire taire les armes ».
Mais, relève l’analyse, l’accumulation des textes n’a pas permis de faire disparaître les crises. L’objectif de parvenir à une Afrique pacifiée en 2020 n’a pas été atteint et a été repoussé à 2030. Certaines initiatives restent également largement inappliquées, à l’image du programme d’amnistie destiné à favoriser la restitution volontaire des armes illicites.
L’ISS pointe aussi l’augmentation des changements anticonstitutionnels de gouvernement entre 2019 et 2025, notamment dans le Sahel. Malgré les décisions prises lors du sommet de Malabo en 2022 contre les coups d’État et le terrorisme, l’UA demeure confrontée à des difficultés pour agir efficacement sur les facteurs politiques qui alimentent l’instabilité.
À cette fragilité s’ajoute la progression des mouvements jihadistes dans plusieurs régions du continent, du Sahel au bassin du lac Tchad, en passant par la Somalie et le Mozambique. L’adoption, en juillet 2026, d’un plan continental de lutte contre le terrorisme pour 2026-2030 constitue une nouvelle étape, mais certains engagements plus anciens n’ont toujours pas été concrétisés, notamment la création d’une unité antiterroriste de la Force africaine en attente.
Pour le PSC Report, le sommet de Luanda ne doit donc pas se limiter à produire une nouvelle déclaration politique. L’enjeu est désormais de déterminer comment utiliser efficacement les instruments dont l’UA dispose déjà et de garantir leur application.
L’organisation estime que le principal obstacle est moins institutionnel que politique. Sans un engagement durable des États membres pour financer, soutenir et appliquer les décisions de l’UA, les réformes successives risquent de rester sans effet. À Luanda, les dirigeants africains sont ainsi invités à démontrer que l’organisation peut enfin passer des engagements diplomatiques à une capacité réelle d’action sur les crises du continent.