Skip to main content
Mozambique, la crise des déplacés s’aggrave dans le nord
Des familles déplacées à plusieurs reprises, des villages d’accueil désormais touchés et plus d’un million de personnes déracinées : à Cabo Delgado, la violence persistante bouleverse les équilibres sociaux et complique davantage le retour des populations
 

(AfriquesPlus) - La reprise des attaques dans le nord du Mozambique pousse de nouvelles populations à fuir leurs localités, alors que le pays peine à trouver une réponse durable à une insurrection qui entre dans sa neuvième année. Des communautés jusque-là épargnées par les déplacements sont désormais contraintes de partir à leur tour.

Dans un article publié mercredi 26 août 2026, la journaliste Shola Lawal d’Al Jazeera rapporte que la dernière vague de violences dans la province de Cabo Delgado a touché pour la première fois les 17 districts de la région. Certaines communautés qui accueillaient auparavant des personnes déplacées ont elles-mêmes été contraintes de fuir, tandis que d’autres populations connaissent plusieurs déplacements successifs.

Selon les Nations unies, plus de 1,3 million de personnes ont déjà été contraintes de quitter leur domicile depuis le début du conflit. Rien que vers la fin de l’année 2025, environ 100 000 personnes supplémentaires avaient été déplacées par les violences.

Face à cette situation, le gouvernement mozambicain a lancé un forum de deux jours consacré à l’avenir des personnes déplacées. L’objectif est notamment de réfléchir aux conditions permettant leur retour, leur réinstallation ou leur intégration dans les communautés qui les accueillent.

Mais sur le terrain, la situation reste particulièrement préoccupante. La multiplication des attaques dans le nord du pays fragilise davantage les populations civiles et exerce une pression croissante sur les communautés d’accueil, elles-mêmes confrontées à des ressources limitées.

Le conflit à Cabo Delgado, qui a débuté en 2017 avec l’insurrection de groupes armés liés à l’État islamique, entre désormais dans sa neuvième année. Malgré les opérations militaires menées contre les insurgés, aucune solution durable ne semble se dégager.

Cette absence d’issue militaire claire alimente d’ailleurs les appels à explorer d’autres pistes. Selon Al Jazeera, certains acteurs plaident désormais pour l’ouverture de négociations avec les groupes armés afin de tenter de mettre un terme à une violence qui continue de provoquer des déplacements massifs.

La crise sécuritaire dans le nord du Mozambique apparaît ainsi de plus en plus comme une crise humanitaire de longue durée, avec des populations civiles contraintes de fuir à répétition et des communautés d’accueil progressivement rattrapées par les violences.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
654
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3