(AfriquePlus) - La mutinerie qui a secoué Niamey pendant près de vingt-quatre heures a été matée samedi soir, la Garde républicaine ayant repris le contrôle de la Base 101 avec le concours du groupe paramilitaire russe Africa Corps. Jeune Afrique retrace le déroulé de cette journée de combats et d'incertitude, dans un article actualisé dimanche 30 août à 6h GMT.
Selon Jeune Afrique, la Garde républicaine, fidèle au général Abdourahamane Tiani, a repris samedi soir le contrôle de la Base aérienne 101 où les mutins s'étaient retranchés. La télévision nationale a diffusé des images de soldats se rendant les mains levées ou assis à terre, certains apparemment blessés, sans que leur identité soit précisée. L'ambassadeur russe à Niamey a confirmé que les autorités nigériennes avaient sollicité l'aide d'Africa Corps pour réprimer la mutinerie, mettant ainsi fin à une journée durant laquelle le pouvoir de Tiani a semblé vaciller.
L'article retrace le déclenchement des affrontements dès la nuit de vendredi à samedi : de premières escarmouches près de Ouallam, au nord de la capitale, entre des unités locales et des soldats descendus en convoi depuis le Tillabéri, puis des combats intenses autour de la présidence, où les mutins ont tenté un assaut avant d'être repoussés par la Garde républicaine au prix de nombreux blessés dans ses rangs. Des tirs entendus jusqu'à l'intérieur de l'enceinte présidentielle laisseraient supposer une infiltration.
Jeune Afrique détaille la prise de contrôle partielle de la Base 101 par les mutins dans la matinée de samedi, un site stratégique abritant des drones militaires ainsi que des contingents russes et italiens, confirmée par un communiqué officiel évoquant des militaires séquestrés par leurs propres camarades. Une source proche des services de sécurité évoquait des otages nigériens et étrangers dont l'identité n'a pu être établie, tandis qu'une source informée précisait en milieu d'après-midi que les mutins refusaient de capituler, la Garde présidentielle hésitant à intervenir par crainte d'un bain de sang et des risques liés à la présence, sur ce même site, d'un stock de concentré d'uranium disputé avec le groupe français Orano.
L'article rappelle que la télévision publique ORTN, brièvement visée sans succès par les mutins, a vu son signal coupé une partie de la matinée avant d'être rétabli, permettant la diffusion d'un communiqué du ministre de la Défense évoquant un simple « mouvement d'humeur ». Un enregistrement anonyme, attribué à un groupe se présentant comme les « Forces armées de la restauration de la patrie », a par ailleurs circulé en milieu de journée, affirmant que le général Tiani n'était plus chef de l'État et que les institutions de la transition étaient dissoutes ; une déclaration que JA n'a pas pu authentifier.
Selon les informations recueillies par le magazine panafricain, la mutinerie aurait été menée par de jeunes officiers à la tête d'unités venues du Tillabéri et de Dosso, avec l'implication de membres des forces spéciales.