(AfriquesPlus) Le Nigeria est sous le choc après une attaque meurtrière qui pourrait avoir fait plusieurs centaines de victimes. Le président Bola Tinubu a ordonné mardi aux forces de sécurité de lancer une opération pour retrouver et libérer les personnes enlevées lors d'une attaque menée vendredi dans l'État du Niger, dans le centre-ouest du pays.
Des hommes armés ont attaqué les villages de Dikera et Binzi pendant la prière du vendredi. Ils ont tué plusieurs dizaines de personnes et emmené de nombreux habitants, parmi lesquels des femmes et des enfants.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des centaines de personnes rassemblées dans une zone boisée, présentées comme des otages. Le chiffre de 600 personnes enlevées a été avancé à Reuters, mais n'a pas pu être vérifié indépendamment. Aucun bilan officiel complet n'a encore été communiqué. La police évoque toutefois plus de 40 morts.
Tinubu promet de traquer les responsables
Face à l'ampleur de l'attaque, le président Bola Tinubu a ordonné aux forces armées, à la police et aux services de renseignement de mobiliser tous les moyens nécessaires pour retrouver les otages.
Le chef de l'État a condamné avec fermeté l'attaque, qualifiant ses auteurs d'« ennemis de la paix et de l'humanité » et promettant qu'ils ne resteraient pas impunis.
L'opération de sauvetage constitue désormais une priorité pour les autorités, alors que l'inquiétude grandit concernant le sort des centaines de personnes potentiellement retenues dans les forêts de la région.
Des groupes djihadistes soupçonnés
Les témoignages recueillis auprès des survivants orientent les soupçons vers plusieurs organisations armées. L'un d'eux a attribué l'attaque au groupe Lakurawa, auquel certains chercheurs associent une branche régionale de l'État islamique.
Un autre survivant a, de son côté, accusé Ansaru, un groupe djihadiste implanté de longue date dans le nord du Nigeria.
Ces accusations n'ont toutefois pas encore été officiellement confirmées, laissant planer le doute sur l'identité exacte des assaillants.
Une nouvelle menace dans le centre-ouest
L'attaque de Dikera et Binzi est particulièrement préoccupante parce qu'elle s'est produite loin du principal foyer de l'insurrection djihadiste nigériane, traditionnellement concentré dans le nord-est du pays.
Depuis près de 17 ans, le Nigeria combat les groupes djihadistes responsables d'attentats, d'enlèvements et de massacres. Mais l'expansion des violences vers d'autres régions constitue désormais une menace supplémentaire pour les autorités.
La proximité de la zone attaquée avec la frontière béninoise ajoute une dimension régionale au problème. Elle rappelle également la porosité des frontières et la capacité des groupes armés à se déplacer entre plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
Avec potentiellement des centaines de personnes aux mains des ravisseurs, l'opération ordonnée par Bola Tinubu représente un nouveau test majeur pour les forces de sécurité nigérianes. Elle intervient surtout au moment où le gouvernement est confronté à une multiplication des attaques et des enlèvements dans plusieurs régions du pays.