(AfriquesPlus) - Les cercueils ont été conduits au cimetière de Ruzizi dans une atmosphère particulièrement lourde. Proches des victimes, membres du groupe armé M23 et agents de la Croix-Rouge ont participé aux funérailles, marquées par le chagrin des familles et l’émotion de toute une communauté.
Parmi les victimes figurait Célestine, l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Déjà orpheline de père, la fillette laisse derrière elle une famille profondément meurtrie.
« Célestine était orpheline car son père était décédé il y a longtemps. Elle était l’aînée de la famille. Et maintenant, elle n’est plus là non plus », a témoigné Vinciane Inshobole, une proche de la famille.
Les circonstances du drame toujours floues
Plusieurs jours après la catastrophe, les circonstances exactes du départ de feu et de la bousculade qui a suivi demeurent inconnues. L’incendie aurait provoqué un mouvement de panique au sein de l’établissement, transformant rapidement la situation en drame meurtrier.
Au-delà du bilan humain, la tragédie ravive les inquiétudes sur les conditions de sécurité et l’aménagement urbain à Bukavu, une ville confrontée à de nombreuses difficultés liées à l’habitat et à l’accessibilité de certains quartiers.
Dans le secteur de Kasha, Noella Bashonga fait part de l’épuisement des habitants, déjà confrontés à des conditions de vie difficiles. Elle redoute notamment les conséquences de nouvelles fortes pluies sur des habitations fragilisées.
« Si la pluie continue et fait s’effondrer les maisons, vers qui allons-nous nous tourner ? », s’interroge cette habitante, qui appelle les autorités à ne pas abandonner les populations touchées.
L’accès des secours au cœur des préoccupations
Pour David Rukabo, le drame doit également servir d’avertissement. Il estime que les autorités comme les habitants doivent tirer les enseignements de cette catastrophe et renforcer les mesures de prévention.
L’une des principales préoccupations concerne l’urbanisation et les conditions d’accès aux quartiers sinistrés. Des voies trop étroites ou difficiles d’accès peuvent considérablement ralentir l’intervention des véhicules de secours lorsqu’une catastrophe survient.
Une meilleure organisation des constructions et la préservation de voies suffisamment larges permettraient, selon lui, de faciliter l’arrivée rapide des secours et de limiter les conséquences de futurs sinistres.
Une ville plongée dans le deuil
À Bukavu, l’heure est désormais au recueillement. Derrière les chiffres du bilan se trouvent des enfants, des familles et des destins brutalement interrompus.
Alors que les cercueils ont rejoint le cimetière de Ruzizi, les familles commencent leur difficile travail de deuil. Mais au-delà de la douleur, les interrogations demeurent : comment l’incendie s’est-il déclenché ? Comment la bousculade a-t-elle pu devenir aussi meurtrière ? Et surtout, quelles mesures seront prises pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise ?
Pour les habitants de Bukavu, l’inhumation des victimes ne doit pas marquer la fin de l’attention portée à cette catastrophe. Elle doit aussi ouvrir la voie à une réflexion sur la sécurité des écoles, l’aménagement urbain et la capacité des services de secours à intervenir rapidement lorsque survient une nouvelle urgence.