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Salif Keïta se retire d'Afrique du Sud, solidaire des migrants africains
La légende malienne Salif Keïta renonce à plusieurs dates en Afrique du Sud pour protester contre les violences xénophobes qui frappent les migrants africains dans le pays
 

(AfriquePlus) - Selon TV5 Monde, Salif Keïta a annoncé sur sa page Facebook l'annulation de ses spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud, invoquant les violences xénophobes visant des ressortissants africains dans le pays. L'artiste devait notamment se produire le 12 septembre au festival de Macufe, à Bloemfontein, selon le site sud-africain Briefly.

TV5 Monde rapporte que le chanteur a tenu à préciser que cette annulation ne visait pas la population sud-africaine, qu'il dit avoir toujours accueilli comme un frère depuis la fin de l'apartheid. Il affirme vouloir fermer la porte sur la haine, non sur les gens, estimant que les migrants attaqués recherchent avant tout un emploi, de la sécurité et de la dignité. Une réalité qu'il juge éloignée de l'Afrique du Sud bâtie par Nelson Mandela.

À 76 ans, l'artiste espace désormais ses concerts pour des raisons médicales, ayant déjà dû annuler sa participation à l'édition sud-africaine du Festival Jazz de Montreux en mars, ainsi qu'un concert en France en juillet.

Plusieurs artistes sud-africains se voient à leur tour écartés de scènes africaines en réaction aux tensions xénophobes dans leur pays. L'article cite les cas de la chanteuse Tyla, qui a retiré un concert prévu au Nigeria, du duo Mafikizolo exclu d'un concert au Zimbabwe, de la chanteuse Makhadzi et de la star de l'amapiano Musa Keys, tous deux évincés de programmations zimbabwéennes. Même des artistes moins connus, comme le chanteur de gospel Sabata Masoka, en subissent les conséquences : il aurait perdu 50 000 rands après le report forcé de sa participation à un rassemblement religieux au Nigeria, une décision qu'il attribue directement aux tensions anti-immigration en Afrique du Sud.

La ministre sud-africaine de la Justice, Mmamoloko Kubayi, a reconnu lors d'une conférence de presse le 14 juin l'existence de ce contrecoup, affirmant que plusieurs artistes sud-africains avaient perdu des contrats ailleurs sur le continent, avec un impact direct sur l'image du pays. L'Afrique du Sud, confrontée à un chômage supérieur à 30 %, a connu plusieurs vagues de manifestations xénophobes parfois meurtrières, et que plus de 160 000 personnes, dont environ 1 500 Nigérians, ont quitté le pays depuis fin mai selon un décompte de l'AFP.

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