(Afriquesplus) - Des internautes kényans et ougandais comptent parmi les victimes d’une campagne mondiale de diffusion de logiciels malveillants (malware) utilisant des sites de torrents consacrés aux films. L’alerte, rapportée par le média tanzanien Tanzania Times, met en lumière les risques de cybersécurité associés au téléchargement de contenus depuis des plateformes non officielles.
Selon les informations rapportées, des fichiers présentés comme des films ou contenus audiovisuels populaires peuvent être utilisés comme leurres pour inciter les internautes à télécharger des programmes malveillants. Une fois installés sur un appareil, ces logiciels peuvent notamment permettre aux cybercriminels d’accéder à certaines données, de compromettre le fonctionnement de l’ordinateur ou de rediriger l’utilisateur vers d’autres contenus malveillants.
Le phénomène ne se limite pas à l’Afrique de l’Est. Les campagnes utilisant des contenus piratés comme appâts peuvent toucher des internautes dans plusieurs régions du monde. Les chercheurs en cybersécurité ont déjà documenté des cas dans lesquels des fichiers associés à des films populaires étaient accompagnés de scripts, d’installateurs ou d’autres composants malveillants.
Le problème tient notamment au fait qu’un fichier portant le nom d’un film et présenté comme une vidéo n’est pas nécessairement un fichier vidéo. Les cybercriminels peuvent utiliser des titres connus pour inciter les utilisateurs à ouvrir des fichiers exécutables ou des archives contenant des programmes indésirables. Des recherches consacrées à de précédentes campagnes ont ainsi montré que certains torrents de films piratés avaient servi de vecteurs à des logiciels malveillants, sans que cela signifie pour autant que tous les torrents ou tous les fichiers concernés soient infectés.
Les changements fréquents de noms de domaine et l’apparition de copies de sites connus compliquent également la situation. La présence d’un site portant le nom d’une plateforme populaire ne garantit ni son authenticité ni sa sécurité. Des analyses récentes soulignent notamment les risques liés aux clones et aux sites miroirs qui peuvent exploiter la notoriété de certaines marques de torrents pour diffuser des contenus malveillants.
Pour les internautes, la prudence reste donc essentielle. L’installation d’un lecteur multimédia, d’un codec, d’une extension de navigateur ou d’un programme supplémentaire présenté comme nécessaire pour visionner un film constitue notamment un signal d’alerte. Les contenus provenant de sources non vérifiées peuvent exposer les appareils et les données personnelles à différents types de menaces.
Le cas rapporté par Tanzania Times rappelle ainsi que le recours à des plateformes de téléchargement non officielles ne pose pas seulement des questions liées aux droits d’auteur. Il comporte également un risque de sécurité numérique, particulièrement dans un contexte où l’utilisation d’Internet et des services numériques progresse rapidement en Afrique.