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Soudan du Sud : la présence des Casques bleus maintenue à Abiemnhom
La Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) restera à Abiemnhom, dans l’État d’Unity, alors que la région fait face à une situation sécuritaire et humanitaire particulièrement fragile.
 

 (AfriquesPlus) - La Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) restera à Abiemnhom, dans l’État d’Unity, alors que la région fait face à une situation sécuritaire et humanitaire particulièrement fragile. Le report de la fermeture de la base constitue, pour les populations locales, un signal rassurant dans un contexte marqué par les violences intercommunautaires et la menace de nouvelles inondations liées au phénomène El Niño.

 L’ONU renonce pour l’heure à quitter Abiemnhom

C’est un message de réassurance qu’Anita Kiki Gbeho, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU et cheffe de la MINUSS, a adressé aux habitants d’Abiemnhom lors de sa visite dans cette localité de l’État d’Unity.

Alors que les populations craignaient de voir les Casques bleus quitter la région, la Mission des Nations unies a décidé de reporter le projet de fermeture de sa base. Une décision qui intervient malgré les difficultés financières auxquelles l’organisation internationale est confrontée.

Pour les habitants, la perspective d’un départ de la MINUSS suscitait de fortes inquiétudes. Dans une région régulièrement confrontée aux violences et aux tensions entre communautés, la présence des Casques bleus est perçue comme un élément important de protection et de prévention.

« À Abiemnhom, leurs craintes portaient sur le fait que nous allions partir et que, en tant que communauté, ils se retrouveraient vulnérables sans nous », a expliqué Anita Kiki Gbeho. Elle affirme avoir rassuré les populations en rappelant que le mandat de l’ONU comprend la protection des civils.

 Des patrouilles renforcées et un travail de médiation

Le maintien de la base doit permettre à la Mission de poursuivre ses efforts de prévention des conflits. La MINUSS entend notamment renforcer ses patrouilles, maintenir le dialogue avec les dirigeants communautaires et accompagner les processus locaux de réconciliation et de paix.

Cette présence ne se limite donc pas à un dispositif sécuritaire. La Mission souhaite également contribuer à la recherche de solutions aux violences intercommunautaires qui affectent la région.

La cheffe de la MINUSS a ainsi assuré les habitants de la volonté des Nations unies de rester à leurs côtés tout en les encourageant à participer eux-mêmes à la recherche de solutions durables aux conflits qui opposent certaines communautés.

Cette approche repose notamment sur le dialogue avec les responsables locaux et communautaires, afin de prévenir une nouvelle escalade des violences et de favoriser les mécanismes de réconciliation.

 La menace des inondations s’ajoute à l’insécurité

À la fragilité sécuritaire s’ajoute une importante menace climatique. L’État d’Unity se prépare à faire face à de nouvelles difficultés liées aux phénomènes météorologiques extrêmes, alors que les autorités et les populations redoutent notamment de nouvelles inondations.

Lors de ses échanges avec les autorités locales, Anita Kiki Gbeho a évoqué une situation particulièrement complexe, où se combinent insécurité, violences intercommunautaires et risques liés à la montée des eaux.

« Plusieurs problèmes se posent dans cette région, allant de la sécurité aux violences intercommunautaires, en passant par les craintes liées aux inondations et au niveau des eaux dans la région de Bentiu », a-t-elle déclaré.

La responsable onusienne a également évoqué les incertitudes liées à un épisode annoncé comme particulièrement important d’El Niño, avec la possibilité d’être confronté à des phénomènes climatiques opposés, allant de la sécheresse aux précipitations et aux inondations.

 Bentiu déjà durement touchée par les eaux

Les craintes sont particulièrement fortes dans l’État d’Unity, déjà marqué par des inondations exceptionnelles. Depuis 2019, la région est confrontée à des épisodes de crues qui ont profondément affecté les populations et les infrastructures.

La ville de Bentiu, notamment, a été encerclée par d’immenses étendues d’eau, aggravant les difficultés d’une population déjà confrontée à une situation humanitaire et sécuritaire difficile.

Dans ce contexte, une nouvelle dégradation des conditions climatiques pourrait accentuer les déplacements de populations, compliquer l’accès aux services essentiels et accroître la pression sur les communautés déjà vulnérables.

 Une présence maintenue dans une région sous pression

Le maintien de la base de la MINUSS à Abiemnhom intervient donc à un moment où les défis auxquels sont confrontées les populations sont multiples. Aux violences intercommunautaires et aux problèmes de sécurité s'ajoutent désormais les risques environnementaux et humanitaires.

Pour les Nations unies, la présence des Casques bleus doit permettre de prévenir les conflits, protéger les civils et soutenir les efforts locaux de paix et de réconciliation.

Pour les habitants d’Abiemnhom, le report de la fermeture de la base représente surtout une garantie supplémentaire dans une période d’incertitude. Mais au-delà de la présence internationale, la résolution durable des violences dépendra également de la capacité des communautés et des autorités locales à construire des mécanismes de dialogue et de réconciliation.

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