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Tanzanie : après sa démission, le vice-président exclu du parti au pouvoir
Le divorce est désormais consommé entre Emmanuel Nchimbi et le parti au pouvoir en Tanzanie. Le Chama cha Mapinduzi (CCM) a annoncé mercredi soir l’exclusion du vice-président démissionnaire, quelques jours seulement après l’annonce de son départ.
 

(AfriquesPlus) La crise au sommet du pouvoir tanzanien prend une nouvelle dimension. Quelques jours après la démission d’Emmanuel Nchimbi, le parti au pouvoir, le CCM, l’a exclu pour « indiscipline » et a déjà désigné son successeur auprès de la présidente Samia Suluhu Hassan.

Le divorce est désormais consommé entre Emmanuel Nchimbi et le parti au pouvoir en Tanzanie. Le Chama cha Mapinduzi (CCM) a annoncé mercredi soir l’exclusion du vice-président démissionnaire, quelques jours seulement après l’annonce de son départ.

La secrétaire générale du CCM, Asha-Rose Migiro, a justifié cette décision par des faits d’« indiscipline ». Emmanuel Nchimbi avait annoncé que sa démission prendrait officiellement effet le 4 septembre, tout en assurant qu’il resterait « un bon citoyen » de Tanzanie.

Dans la foulée, le parti a choisi son successeur. Le ministre de l’Énergie, Deogratius Ndejembi, doit devenir le nouveau vice-président et ainsi seconder la présidente Samia Suluhu Hassan.

Des désaccords au sommet de l’État

Cette rupture spectaculaire soulève de nombreuses interrogations dans un pays où la stabilité politique a longtemps constitué l’un des marqueurs du régime dominé par le CCM.

Selon plusieurs analystes, Emmanuel Nchimbi aurait exprimé des désaccords avec la présidente sur certaines questions de gouvernance, mais également sur la gestion des violences ayant accompagné l’élection présidentielle du 29 octobre et les manifestations qui ont suivi.

Le contexte politique est particulièrement sensible. La réélection de Samia Suluhu Hassan avait été vivement contestée après la disqualification de plusieurs de ses principaux rivaux. Les forces de sécurité avaient alors été déployées pour contenir les manifestations et les émeutes.

Une commission d’enquête mise en place par le gouvernement a évalué à au moins 518 le nombre de morts dans les violences post-électorales. L’opposition avance, de son côté, un bilan largement supérieur, dépassant les 2 000 morts.

Un pouvoir sous tension

L’exclusion d’Emmanuel Nchimbi intervient ainsi dans un climat politique déjà marqué par de fortes tensions. Son départ pourrait être interprété comme le signe de divergences croissantes au sein même de l’appareil dirigeant.

En choisissant rapidement son successeur, le CCM cherche à afficher une image de continuité et de maîtrise de la situation. Mais cette crise au sommet pourrait également alimenter les interrogations sur la gouvernance de Samia Suluhu Hassan et sur les conséquences politiques de la répression qui a suivi les dernières élections.

Après plusieurs décennies de stabilité relative sous la domination du CCM, la Tanzanie donne désormais l’image d’un pouvoir confronté à des fissures internes qui pourraient peser sur son avenir politique.

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