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Washington restreint l'accès aux dollars pour une filiale égyptienne accusée d'aider l'Iran
Washington estime qu’environ 1,8 milliard de dollars de transactions impliquant 103 sociétés potentiellement liées à ces réseaux ont transité par l’établissement entre janvier 2024 et juin 2026
 

(AfriquePlus) - Le département du Trésor américain a annoncé vendredi des mesures visant les succursales émiraties de Banque Misr, deuxième banque égyptienne, l'accusant d'avoir facilité des transactions liées aux réseaux financiers iraniens. Une première étape, jugée limitée, dans la campagne de pression économique promise par l'administration Trump contre Téhéran, selon le Financial Times.

Le Trésor américain prévoit de couper l'accès financier des succursales de Banque Misr aux Émirats arabes unis aux institutions bancaires américaines, afin de les empêcher de continuer à réaliser des transactions en dollars. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé vouloir couper tous les liens économiques restants de Téhéran, estimant que ceux qui facilitent le régime iranien ne peuvent plus continuer à bénéficier du système financier mondial et du dollar.

Cette décision, qui doit passer par une période de consultation publique de trente jours avant d'entrer en vigueur, constitue la première action concrète depuis l'annonce par Bessent d'un « D-Day économique » contre l'Iran en début de semaine. Le Financial Times souligne toutefois son caractère limité, car elle ne s'apparente pas à des sanctions classiques mais interdit aux institutions financières américaines d'ouvrir ou de maintenir des comptes de correspondant liés à Banque Misr Émirats, et leur impose d'éviter de traiter toute transaction impliquant cette entité. Selon les estimations du Trésor, la filiale émiratie aurait traité environ 1,8 milliard de dollars entre janvier 2024 et juin 2026 pour une centaine d'entreprises potentiellement liées à des réseaux bancaires parallèles iraniens.

Le journal relève que Washington reste réticent à viser des cibles plus importantes, notamment les grandes banques et entités soutenues par l'État chinois, par crainte de déstabiliser l'économie mondiale, alors que Bessent doit accueillir la semaine prochaine les ministres des Finances du G20 en Caroline du Nord. Selon la Commission américaine d'examen économique et sécuritaire sur les relations avec la Chine, les achats chinois de pétrole iranien, via une flotte fantôme et un réseau de blanchiment sophistiqués, représenteraient près de 45 % du budget gouvernemental total de l'Iran. Son vice-président, cité par le Financial Times, estime que des mesures américaines réellement efficaces devraient cibler directement des entreprises ou banques chinoises.

Plusieurs anciens responsables du Trésor et experts en sanctions, interrogés par le journal, estiment que Washington évite de viser les grandes banques chinoises par crainte de représailles et d'un choc financier mondial qui pourrait se retourner contre les États-Unis eux-mêmes. Un ex-responsable du Trésor, aujourd'hui expert à la Foundation for Defense of Democracies, juge que malgré la rhétorique offensive de Bessent, cette action ressemble finalement à un simple renouvellement des sanctions habituelles observées depuis des années.

L'article rappelle que cette campagne intervient six mois après le début de l'effort de guerre engagé par Donald Trump contre l'Iran, qui n'a jusqu'ici ni fait tomber le régime ni obtenu de concessions sur son programme nucléaire, tout en perturbant l'économie mondiale, le prix de l'essence américaine étant passé, selon l'AAA, de 3,21 à 4,10 dollars le gallon en un an. Le Financial Times note également que cette pression n'a pas permis de rétablir le trafic maritime normal dans le détroit d'Ormuz, largement paralysé depuis que l'Iran en a restreint l'accès sous la menace d'attaques.

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