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Le Brief d’AfriquesPlus du lundi 21 septembre 2026
Afrique du Sud, 3 arrestations après la série de meurtres de femmes- Nigeria, les interrogations persistent après la mort de 37 détenus-Éthiopie,  7 groupes armés s’allient contre le gouvernement d’Abiy Ahmed –AES, Mali reste sous forte pression sécuritai
 

 (AfriquesPlus) - De Johannesburg à Addis-Abeba, du Caire à Kinshasa et de Bamako à Niamey, la presse africaine de ce lundi est dominée par les questions sécuritaires, les tensions politiques et les crises humanitaires. L’annonce d’une alliance regroupant sept mouvements armés en Éthiopie constitue l’un des faits majeurs de la journée. En Afrique du Sud, l’enquête sur la mort de neuf femmes près de Johannesburg connaît un nouveau développement avec l’arrestation de trois suspects. En RDC, l’épidémie d’Ebola reste au cœur des préoccupations tandis que le conflit dans l’Est continue de faire l’objet de nouvelles accusations contre le M23. Au Nigeria, les conséquences de la mort de 37 personnes détenues après des opérations contre l’exploitation minière illégale continuent de nourrir le débat. En Égypte, Le Caire renforce son activité diplomatique à la veille de l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale de l’ONU, tout en maintenant son attention sur le Soudan, la Somalie et les questions liées au Nil. Dans l’espace AES, le Mali reste confronté à une forte pression sécuritaire.

 Afrique du Sud : trois arrestations après la série de meurtres de femmes

La situation autour des neuf femmes retrouvées mortes ces dernières semaines dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, continue de dominer une partie de l’actualité sud-africaine.

Le Washington Post, s’appuyant sur des informations de l’Associated Press, rapporte ce lundi l’arrestation de  trois personnes — deux femmes et un homme — dans le cadre de l’enquête sur l’un de ces meurtres . Les suspects doivent comparaître devant la justice. Les enquêteurs n’ont toutefois pas établi de lien entre ces arrestations et les huit autres affaires.

Cette précision est importante alors que les autorités sud-africaines cherchent à déterminer si les neuf décès sont liés. La police avait indiqué que certaines affaires présentaient des similitudes, mais le ministre de la Police, Firoz Cachalia, a souligné qu’il n’existait jusqu’ici aucune preuve concluante permettant d'affirmer qu’un même auteur serait responsable de l’ensemble des meurtres.

La presse sud-africaine continue parallèlement de s’interroger sur les réponses apportées aux violences faites aux femmes. Dans *Mail & Guardian*, plusieurs analyses publiées ce lundi reviennent sur la persistance des féminicides et sur les limites des dispositifs publics mis en place au fil des années.

Le dossier reste donc ouvert : les arrestations constituent un développement judiciaire important, mais elles ne permettent pas, à ce stade, d’établir un lien entre les différentes affaires.

 Nigeria : les interrogations persistent après la mort de 37 détenus

Au Nigeria, la mort de 37 personnes soupçonnées d’exploitation minière illégale, décédées alors qu’elles se trouvaient en détention dans l’État du Niger, continue de susciter de nombreuses interrogations.

L’affaire avait provoqué des manifestations à Minna, avec l’instauration d’un couvre-feu après des affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Reuters rapporte que les autorités ont ouvert une enquête et que plusieurs responsables du Nigeria Security and Civil Defence Corps ont été suspendus.

Le dossier est particulièrement sensible parce que plusieurs victimes étaient très jeunes. Les autorités avaient initialement évoqué l’hypothèse d’une maladie, tandis que d’autres éléments recueillis pendant l’enquête ont fait apparaître des interrogations sur les conditions de détention, notamment la surpopulation et la ventilation des cellules.

L’AFP avait également rapporté que les autorités nigérianes cherchaient à déterminer les circonstances exactes de ces décès. L’affaire dépasse désormais la seule question de l’exploitation aurifère clandestine : elle pose aussi celle des conditions de détention et de la responsabilité des services chargés de l’application de la loi.

Dans la presse nigériane, cette affaire s’inscrit dans un débat plus large sur l’exploitation minière artisanale, la sécurité dans les zones aurifères et la nécessité de lutter contre les réseaux qui contrôlent une partie de cette activité.

 Éthiopie : sept groupes armés s’allient contre le gouvernement d’Abiy Ahmed

C’est l’une des informations les plus importantes de la journée sur le continent.

Selon Reuters, sept groupes armés éthiopiens ont annoncé la création d’une nouvelle alliance visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et à mettre en place une administration transitoire.

La coalition rassemble des organisations issues de plusieurs régions du pays. Elle comprend notamment le Tigray People's Liberation Front (TPLF), le Fano National Movement de la région Amhara et l’Oromo Liberation Army, auxquels s’ajoutent quatre autres mouvements régionaux.

L’annonce est particulièrement significative parce que certains de ces groupes ont été adversaires pendant la guerre du Tigré de 2020 à 2022. Leur rapprochement traduit donc une nouvelle configuration du paysage politico-militaire éthiopien.

Les groupes membres de la nouvelle alliance accusent le gouvernement fédéral de concentrer excessivement le pouvoir et de marginaliser les régions. Ils disent vouloir mettre en place une administration de transition, favoriser un dialogue national et mettre fin aux différents conflits internes.

Le gouvernement éthiopien n’avait pas encore officiellement réagi au moment de la publication de la dépêche de Reuters. Les autorités avaient cependant déjà rejeté, lors de précédentes alertes, l’idée qu’une telle coalition puisse menacer sérieusement le pouvoir fédéral.

Cette nouvelle alliance intervient alors que les tensions restent fortes au Tigré et que des affrontements persistent également dans les régions Amhara et Oromia. Pour la presse africaine, la question centrale est désormais de savoir si cette coalition parviendra réellement à dépasser les rivalités territoriales et politiques qui opposent certains de ses membres.

 Égypte : le Caire se prépare à une semaine diplomatique intense à l’ONU

En Égypte, l’actualité diplomatique est largement tournée vers New York.

Le Premier ministre Mostafa Madbouly a quitté Le Caire ce lundi pour conduire la délégation égyptienne à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, conformément aux instructions du président Abdel Fattah al-Sissi.

Selon les autorités égyptiennes, Madbouly doit participer à plusieurs réunions et rencontres bilatérales en marge de l’Assemblée générale. Le débat général doit commencer mardi 22 septembre.

Le Caire entend notamment mettre en avant ses positions sur les crises régionales, particulièrement celles de Gaza et du Soudan. Ahram Online rapporte également que le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a rencontré le responsable humanitaire de l’ONU Tom Fletcher à New York pour discuter des crises humanitaires à Gaza et au Soudan.

Autre sujet important dans la presse égyptienne : les relations avec la Somalie et la sécurité de la Corne de l’Afrique. La rencontre récente entre Abdel Fattah al-Sissi et le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a notamment porté sur le Soudan, la Somalie, la Corne de l’Afrique et la sécurité maritime.

La question du Nil reste également présente. Le ministre égyptien de l’Irrigation a indiqué que l’Égypte avait approuvé le projet de barrage du Soudan du Sud après examen des études techniques, tout en continuant à défendre ses intérêts concernant les ressources du bassin du Nil.

 RDC : Ebola et conflit dans l’Est restent au centre de l’attention

En République démocratique du Congo, la situation sanitaire et sécuritaire demeure préoccupante.

La campagne de vaccination contre Ebola se poursuit dans l’est du pays, avec une priorité donnée aux personnels de santé et aux personnes exposées. La revue africaine publiée ce lundi par AllAfrica souligne que la réponse sanitaire s’étend notamment en Ituri et au Nord-Kivu.

La crise sanitaire intervient dans un contexte déjà extrêmement fragile en raison du conflit armé dans l’Est du pays. Les combats opposant les forces gouvernementales et leurs alliés au M23 continuent de provoquer des déplacements de populations et de perturber l’accès aux services essentiels.

Sur le terrain politique, la question des manifestations de l’opposition contre le projet de réforme constitutionnelle continue également de faire débat.

Par ailleurs, Amnesty International a publié ce lundi un nouveau rapport accusant le M23 d’avoir commis des abus contre des exploitants miniers artisanaux et d’avoir facilité le trafic d’or et de coltan vers le Rwanda. L’organisation estime que certains faits pourraient relever de crimes de guerre. Ces accusations sont celles d’Amnesty International et doivent être distinguées des faits établis judiciairement.

La situation congolaise apparaît ainsi à la croisée de trois crises : l’insécurité dans l’Est, l’urgence sanitaire liée à Ebola et les tensions politiques à Kinshasa.

 AES : le Mali reste sous forte pression sécuritaire

Dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel, le Mali demeure au premier plan de l’actualité sécuritaire.

La presse rappelle notamment l’attaque meurtrière contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du pays, revendiquée par le JNIM, affilié à Al-Qaïda. L’Associated Press a souligné que les chiffres avancés par le groupe armé sur les pertes militaires n’ont pas pu être vérifiés indépendamment.

Ce lundi, Ouaga Press  revient également sur une attaque visant un convoi de l’armée malienne et des combattants de l’Africa Corps près de Ber, dans la région de Tombouctou. Les informations disponibles ne permettent pas encore d’établir un bilan consolidé des victimes.

Cette situation intervient alors que le Mali s’apprête à célébrer, le 22 septembre, la fête de l’Indépendance.

Au-delà du Mali, la coopération entre les trois pays de l’AES —Burkina Faso, Mali et Niger — continue d’être mise en avant. Les trois États cherchent à renforcer leurs mécanismes communs dans les domaines de la sécurité, de la défense et de la coopération économique.

La question énergétique devient également stratégique pour l’espace sahélien. Reuters rapportait récemment que le Ghana avait réduit ses exportations de carburants vers le Burkina Faso et le Mali afin de privilégier son marché intérieur. Cette évolution peut exercer une pression supplémentaire sur des pays enclavés qui dépendent largement des importations de produits pétroliers en provenance des États côtiers.

 Une Afrique toujours dominée par les crises sécuritaires et humanitaires

Au-delà des six pôles particulièrement suivis ce lundi, la presse africaine fait apparaître un continent confronté à plusieurs foyers simultanés de tension.

Au Soudan, la crise humanitaire reste l’un des principaux dossiers suivis depuis Le Caire et New York. Dans la Corne de l’Afrique, les questions de sécurité maritime, de Somalie et de relations entre l’Égypte et les autres États riverains du Nil continuent d’occuper une place importante.

Le début de la 81e Assemblée générale des Nations unies donne par ailleurs une dimension diplomatique particulière à cette actualité africaine. Plusieurs dirigeants et responsables gouvernementaux du continent se retrouvent à New York pour défendre leurs positions sur les conflits, le développement, la sécurité alimentaire, les migrations et la réforme de la gouvernance internationale.

 À retenir

Afrique du Sud : trois suspects arrêtés dans l’enquête sur l’un des neuf meurtres de femmes à Ekurhuleni, mais aucun lien établi avec les huit autres affaires.

Nigeria : l’enquête se poursuit après la mort de 37 détenus soupçonnés d’exploitation minière illégale dans l’État du Niger.

Éthiopie : sept groupes armés, dont le TPLF et le Fano, annoncent une alliance visant à renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed.

Égypte : Mostafa Madbouly se rend à New York pour conduire la délégation égyptienne à l’Assemblée générale de l’ONU ; Gaza, le Soudan, la Somalie et le Nil figurent parmi les dossiers suivis par Le Caire.

RDC : la campagne de vaccination contre Ebola se poursuit dans l’Est tandis que les combats et les tensions politiques restent préoccupants.

AES : le Mali reste confronté à une forte pression des groupes armés, alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger poursuivent leur coopération au sein de la Confédération des États du Sahel.

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