(AfriquesPlus) - La compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) demande une enquête indépendante sur un différend comptable portant sur plus de 870 millions de dollars de recettes pétrolières. Au cœur de la controverse : des écarts entre les montants que la compagnie affirme avoir transférés et ceux que la Banque centrale de Libye déclare avoir reçus.
Amal Obeidi de Maghreb Insider rapporte que la NOC affirme avoir transféré environ 1,23 milliard de dollars vers un compte souverain détenu auprès de la Libyan Foreign Bank, une banque affiliée à la Banque centrale. De son côté, cette dernière indique n’avoir enregistré qu’environ 361 millions de dollars de recettes pétrolières entre le 1er et le 14 octobre, soit un écart de quelque 870,6 millions de dollars.
Les deux institutions avancent des méthodes de comptabilisation différentes. La NOC explique que les montants déclarés par la Banque centrale correspondent au solde restant après déduction des sommes liées aux lettres de crédit destinées aux importations de carburant. Elle estime que les chiffres communiqués ne rendent donc pas compte de l’ensemble des flux financiers. La Banque centrale affirme, pour sa part, s’appuyer sur les relevés bancaires et des sommes effectivement créditées sur ses comptes.
La NOC a saisi le parquet général afin qu’une enquête indépendante vérifie les transferts, les déductions et les modalités de rapprochement des comptes. Elle accuse également les retards dans le financement public d’entraver ses opérations, notamment les travaux de maintenance et les projets destinés à stabiliser la production pétrolière.
Cette controverse intervient dans un contexte de pressions croissantes sur les finances publiques libyennes, notamment en raison du coût des subventions aux carburants. Dans un pays où les revenus pétroliers constituent une ressource essentielle de l’État, l’établissement précis des flux financiers représente un enjeu majeur de transparence et de gestion des fonds publics.