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L'État selon Mélenchon
Jugeant la Ve République obsolète, Jean-Luc Mélenchon détaille sa vision d'une refondation de l'État. Décryptage d'un projet politique axé sur les écorégions, l'urgence sociale et la planification écologique
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=R7t9n_z35to

(AfriquesPlus) - Le 16 septembre 2026, à l'occasion des dialogues de l'Institut La Boétie consacrés au thème « Quel État pour la révolution citoyenne ? », Jean-Luc Mélenchon a présenté sa vision d'une refondation de l'État. Son intervention repose sur le postulat que le système politique actuel aurait perdu sa légitimité et son autorité, ce qui se traduirait par un exercice plus autoritaire du pouvoir. Pour y substituer un nouveau modèle, il propose un changement institutionnel axé sur la planification écologique, l'intervention sociale et une redéfinition de l'identité nationale.

Le diagnostic posé par l'ancien candidat à la présidentielle décrit une crise profonde de l'État. Selon lui, la fracture démocratique remonte au référendum de 2005 et s'est accentuée à la suite des élections législatives de 2024. Il cite la gestion du mouvement des Gilets jaunes comme l'illustration d'une perte d'autorité de la Ve République, compensée par des méthodes de maintien de l'ordre répressives. Face aux défis climatiques, financiers et géopolitiques, il estime que le régime actuel, conçu dans les années 1950 pour répondre à des enjeux de décolonisation et d'industrialisation, ne dispose plus des structures adaptées.

Sur la méthode politique, Jean-Luc Mélenchon revendique l'usage de la provocation verbale. Il mentionne ses déclarations passées sur la dette publique comme un moyen technique pour forcer l'ouverture d'un débat médiatique et institutionnel, notamment avec les instances bancaires européennes. Il s'appuie sur les travaux de l'Institut La Boétie pour donner un cadre théorique à ces positionnements, affirmant la nécessité d'allier le mouvement politique aux milieux intellectuels.

Le projet s'articule ensuite autour d'une modification de l'organisation administrative. Il propose la création d'écorégions, définies selon des réalités géographiques comme les bassins versants. Ces entités seraient chargées de la gestion de l'eau, des sols, de la mobilité et de la santé publique, dans le but d'appliquer localement une planification écologique. Par ailleurs, il suggère de remplacer le Produit Intérieur Brut par des indicateurs de progrès humain, recommandés par les Nations Unies, pour évaluer l'action de l'État sur des critères tels que l'espérance de vie en bonne santé ou le niveau d'éducation.

Sur le plan législatif, le discours intègre le recours à l'état d'urgence, orienté cette fois vers les domaines écologique et social. En cas de crise liée à la précarité ou au logement, ce dispositif permettrait de déroger aux règles du marché pour imposer le blocage des prix, réinstaurer l'échelle mobile des salaires ou limiter les écarts de rémunération de 1 à 20 au sein des entreprises. Concernant la Sécurité sociale, il projette de restituer sa gestion aux cotisants, en élargissant son périmètre aux travailleurs des plateformes numériques requalifiés en salariés.

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