(AfriquesPlus) - Le commerce intra-africain reste freiné par des frontières coûteuses, des infrastructures insuffisantes et des systèmes de paiement encore peu intégrés. Mais plusieurs initiatives récentes montrent une volonté d’accélérer la circulation des biens, des capitaux et des personnes. Dans son « Daily News » du 19 août 2026, le tralac (Trade Law Centre) recense plusieurs de ces évolutions à travers le continent, en s’appuyant sur des informations de médias et d’institutions partenaires. La publication ne mentionne pas d’auteur individuel.
En Afrique australe, le 46e sommet de la SADC, tenu à Durban, a placé l’efficacité de l’intégration régionale au centre des discussions. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui dirige actuellement l’organisation, a insisté sur la nécessité de juger les décisions prises à l’aune de leurs résultats concrets : infrastructures ferroviaires, production d’électricité, réduction des délais aux frontières, développement industriel, commerce régional et création d’emplois.
Les dirigeants de la SADC ont également approuvé l’accord instituant un UNIVISA, un visa touristique commun destiné à faciliter les déplacements dans la région. Le dispositif doit d’abord être expérimenté en Angola, au Mozambique, en Namibie, en Afrique du Sud et au Zimbabwe, avant une éventuelle extension à l’ensemble de la communauté.
Sur le terrain commercial, plusieurs pays misent parallèlement sur la numérisation. L’Ouganda a choisi une introduction progressive de la facturation électronique, en ciblant dans un premier temps certains secteurs comme l’industrie manufacturière, les mines, la construction, l’hôtellerie et l’immobilier. L’objectif est notamment de mieux tracer les transactions et d’élargir les recettes fiscales.
Le Burundi prépare, pour sa part, son intégration au système régional de paiements de l’Afrique de l’Est d’ici décembre 2026. Cette adhésion doit faciliter les règlements transfrontaliers en temps réel et contribuer à réduire le recours aux monnaies étrangères dans les échanges régionaux.
À l’échelle continentale, la modernisation des douanes constitue également un chantier majeur. Selon une analyse publiée par Global Finance Magazine et reprise par le tralac, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) travaille avec une entreprise nigériane sur un projet évalué à 3,1 milliards de dollars visant à déployer un système douanier numérique commun. Il doit permettre de simplifier les procédures, suivre les cargaisons en temps réel et réduire les pertes de recettes ainsi que les risques de fraude.
Mais la technologie ne réglera pas à elle seule les difficultés du commerce africain. Les spécialistes cités par le magazine soulignent que les problèmes de transport, de logistique, de ports congestionnés, de paiements et de réglementation continueront de peser sur les échanges si ces secteurs ne sont pas modernisés simultanément.
D’autres initiatives portent sur la production et la transformation locales. La Tanzanie et la République démocratique du Congo souhaitent renforcer leur coopération dans les mines, le commerce, les investissements et les infrastructures afin de mieux valoriser leurs ressources. En Zambie, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) recommande également une nouvelle stratégie de contenu local destinée à accroître la participation des entreprises nationales aux chaînes de valeur régionales et mondiales, notamment dans le tourisme, la pharmacie, les véhicules électriques, l’agro-industrie et le textile.
La diaspora représente également un potentiel économique important. Au Lesotho, le gouvernement travaille avec la CEA à la mise en place d’un cadre destiné à orienter davantage les transferts d’argent et l’épargne des ressortissants vivant à l’étranger vers l’investissement productif. Les transferts représentent déjà environ 21 % du PIB du pays.
À travers ces différentes initiatives, le tableau dressé par le tralac montre une intégration africaine qui ne se limite plus à la suppression des droits de douane. Paiements, fiscalité, douanes, mobilité, infrastructures, transformation industrielle et mobilisation de la diaspora deviennent progressivement des éléments du même chantier : rendre les échanges africains plus simples, moins coûteux et davantage créateurs de valeur sur le continent.