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Nigeria, les réserves de pâturage pourraient-elles attiser les violences ?
ACLED alerte sur le risque que le projet gouvernemental de création de nouvelles réserves de pâturage aggrave les tensions plutôt qu’il ne les réduise
 

(AfriquesPlus) - Les nouvelles violences opposant agriculteurs et éleveurs dans l’État du Plateau relancent le débat sur la politique nigériane de gestion des terres pastorales. Dans une analyse publiée ce 20 août 2026, ACLED alerte sur le risque que le projet gouvernemental de création de nouvelles réserves de pâturage aggrave les tensions plutôt qu’il ne les réduise. L’analyse est signée par Miriam Adah, assistante responsable de la recherche pour l’Afrique à l’ACLED.

Les 16 et 17 août, des attaques armées ont visé une communauté Mwaghavul ainsi qu’une communauté fulani dans la zone de gouvernement local de Mangu, faisant des victimes dans les deux camps et provoquant des pertes matérielles. Pour ACLED, ces affrontements s’inscrivent dans un contexte de violences persistantes entre agriculteurs et éleveurs dans plusieurs parties du Plateau.

L’organisation de suivi des conflits estime que le choix du Plateau pour expérimenter le dispositif de réserves de pâturage mérite une attention particulière. « Les projets récemment annoncés par le gouvernement nigérian visant à créer de nouvelles réserves de pâturage risquent d’accroître les violences entre les communautés pastorales et agricoles », avertit Miriam Adah.

Selon l’analyse, les zones de Barkin Ladi et Riyom figurent parmi les territoires où les violences impliquant agriculteurs et éleveurs ont été particulièrement intenses depuis le début de 2026. L’implantation de nouvelles réserves dans un environnement déjà marqué par les rivalités foncières pourrait donc créer de nouvelles sources de tensions, notamment autour de l’accès aux terres et aux ressources.

ACLED souligne également le caractère cyclique des violences dans le Plateau. Une attaque contre une communauté peut rapidement entraîner des représailles contre l’autre, faisant perdurer un conflit difficile à contenir. « Les attaques armées dans l’État du Plateau ont également tendance à déclencher des violences de représailles, entraînant un cycle de vengeance entre pasteurs et agriculteurs », note l’experte.

Pour l’organisation, l’enjeu dépasse ainsi la seule question de l’accès au pâturage. Toute politique foncière destinée à réduire les affrontements devra tenir compte des dynamiques locales de conflit et du risque de représailles. Dans les zones déjà fortement touchées, une mesure conçue pour organiser l’activité pastorale pourrait, si elle est mal calibrée, devenir un nouveau facteur de compétition.

Miriam Adah rappelle enfin que le Plateau constitue déjà un foyer important de violences entre communautés agricoles et pastorales. « Le Plateau connaît une violence intense entre ces groupes », souligne-t-elle, appelant implicitement à mesurer les conséquences sécuritaires du dispositif avant son déploiement.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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