La Somalie fait face à une nouvelle crise alimentaire majeure. Quelque six millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, alors que les ressources du Programme alimentaire mondial (PAM) ont considérablement diminué. L’organisation ne dispose aujourd’hui que d’environ 10 % des moyens dont elle bénéficiait en 2022, année où elle avait contribué à éviter une catastrophe alimentaire dans le pays.
La situation humanitaire se dégrade dangereusement en Somalie, où des millions de personnes peinent désormais à se nourrir. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), environ six millions de Somaliens sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, dans un contexte marqué par la pauvreté, les déplacements de populations, les effets persistants des sécheresses et les conflits.
L’ampleur de la crise contraste fortement avec les moyens disponibles pour y répondre. En 2022, alors que la Somalie était déjà au bord de la famine, le PAM disposait de ressources importantes qui lui avaient permis de renforcer considérablement ses opérations. Aujourd’hui, l’agence estime ne disposer que d’environ 10 % de ces ressources.
Le PAM contraint de limiter son aide
Cette réduction drastique des financements oblige l’organisation à concentrer ses interventions sur les situations les plus urgentes. Selon Carl Skau, directeur exécutif par intérim du PAM, l’agence est désormais contrainte de donner la priorité aux enfants les plus sévèrement touchés par la malnutrition.
Les ressources disponibles ne permettent plus de soutenir suffisamment les mères ni d’augmenter les rations alimentaires destinées aux familles qui ne parviennent pas à couvrir leurs besoins essentiels.
Cette situation est notamment liée à la réduction de l’aide internationale décidée par plusieurs pays donateurs, ainsi qu’à la réorientation d’une partie des financements vers d’autres crises humanitaires à travers le monde.
Des familles déplacées livrées à elles-mêmes
Dans les camps de déplacés, les conséquences de cette pénurie d’aide sont particulièrement visibles. Halima Mohamed Hassan, déplacée après avoir fui la ville de Qoryoley, dans la région du Bas-Shabelle, témoigne d’une situation devenue extrêmement précaire.
Mère de sept enfants, dont le père est décédé, elle explique avoir recours à des travaux occasionnels, notamment la lessive chez d’autres familles, pour tenter de nourrir ses enfants. Mais les revenus sont irréguliers et certains jours, la famille ne parvient tout simplement pas à manger.
Son fils, fortement affaibli par la faim, doit désormais bénéficier d’une prise en charge nutritionnelle. Comme de nombreuses autres familles déplacées, elle dépend largement des centres humanitaires pour assurer la survie de ses enfants.
Près de deux millions d’enfants menacés de malnutrition
La situation des enfants apparaît particulièrement préoccupante. Le PAM estime que 1,9 million d’enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë en Somalie au cours de cette année.
Parmi eux, près de 500 000 enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère et nécessiter un traitement d’urgence.
Ces chiffres illustrent la gravité d’une crise qui pourrait encore s’aggraver si les financements humanitaires ne sont pas rapidement renforcés. Après avoir contribué à éviter une famine en 2022, le PAM se retrouve aujourd’hui avec des moyens considérablement réduits face à une situation qui présente de nouveau des caractéristiques alarmantes.
La Somalie se trouve ainsi à un moment critique : six millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire urgente, tandis que les organisations humanitaires disposent de ressources de plus en plus limitées. Pour le PAM, le risque est désormais de ne plus pouvoir prévenir une catastrophe alimentaire, mais seulement d’en atténuer les conséquences les plus dramatiques.